Mardi 12 mai 2 12 /05 /Mai 03:22

Les perversions ou paraphilies sont un terme générique qui recouvre un large éventail d’attirances et pratiques, le plus généralement sexuelles différentes et déviantes par rapport à l’acte classique ou des comportements sexuels relevant de la norme. Cette catégorisation qui se fait au regard de la norme sociale, peut donc évoluer vers une plus grande sévérité ou une plus large tolérance – c’est le cas notamment de l’homosexualité.

Dans le DSM IV (un manuel classifiant les désordres mentaux), les paraphilie sont définies comme :

"Des fantaisies, impulsions, ou comportements qui s’étendent sur une période d’au moins 6 mois et qui sont à l’origine d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants".

Ces pratiques ne sont pas en elles-mêmes condamnables sauf si elles impliquent un partenaire non consentant (viol), un enfant (pédophilie) ou encore l’exhibitionnisme et le voyeurisme non consentis Elles tombent alors sous le coup de la loi et cette délinquance sexuelle entraîne généralement des sanctions lourdes et une forte réprobation.

L'addiction au sexe virtuel est une forme de voyeurisme.

 
Voyeurisme, exhibitionnisme et scopophilie

Il ne faut pas confondre le voyeurisme et l’exhibitionnisme avec la scopophilie. L’être humain possède en effet, une tendance naturelle au voyeurisme (et pas seulement sexuel.)

La scopophilie consiste donc à s’exhiber devant ou regarder des personnes consentantes et complices – sexualité de groupe, triolisme, échangisme. Dans ces conditions, la définition du DSM IV ne s’applique pas, car le fait de voir ou d’être vu fait partie intégrante des règles, des motivations et du plaisir du sexe de groupe ; II n’y a donc ni souffrance, ni désadaptation sociale, etc. mais le choix librement consenti et assumé par les différents partenaires de pimenter leur sexualité. Les clubs échangistes sont des lieux particulièrement appréciés par les voyeurs: de nombreux couples s'y rendent pour être vus et trouvent ainsi des amateurs ravis de les observer de manière plus ou moins discrète. Chacun y trouve ainsi son compte !

Nous aborderons donc dans cet article uniquement les formes perverses, maladives et délictuelles du voyeurisme et de l’exhibitionnisme.

Qu'est-ce que le voyeurisme ?

Le voyeurisme est un comportement sexuel déviant très répandu. Cette perversion, essentiellement masculine, désigne le fait pour un individu de jouir sexuellement de l'observation, dans des situations de la vie privée, d'autres personnes nues, en sous-vêtements ou en train de réaliser des actes sexuels La motivation du voyeur est de regarder un tiers exécuter un acte qu'il ne souhaite pas ou ne peut pas réaliser en raison de son éducation ou de son immaturité. L’excitation est fondée sur le viol de l’intimité de la personne observée, plus que l’acte en lui-même. Comme l’exhibitionniste, le voyeur reste à bonne distance et n’intervient pas sur sa victime.


Les causes communément admises du voyeurisme

Pour la psychanalyse, le voyeurisme trouve son origine dans la vie infantile et une éducation autoritaire et réprimant la sexualité. Le voyeur, bloqué à un stade sexuel immature est incapable de conduire une activité sexuelle normale et adulte.

Le voyeurisme devient pathologique lorsqu’il exprime à lui seul une source d'excitation sexuelle. Le voyeur préfère éviter le rapport sexuel et rester spectateur: le fait de voir et d'observer avec attention est sa seule source de plaisir. Le plaisir est décuplé par le risque d'être découvert en pleine observation

L’exhibitionnisme

 

Il ne concerne pratiquement que les hétérosexuels masculins. L'exhibitionnisme est le désir, dans le but d'exciter la personne qui la pratique, de montrer ses parties génitales en public à des étrangers, à des passants, à des adolescentes ou à des femmes adultes, tout en restant à une distance respectable, sans désirer ou solliciter un contact intime. La masturbation suit ou accompagne l'acte. L’exhibitionnisme peut être une pratique permanente, envahissante et exclusive ou itérative et limitée à des moments de crise ou de stress émotionnel (le besoin exhibitionniste devient parfois plus pressant lors des conflits conjugaux.) puis disparaître pendant de longues périodes. Certains exhibitionnistes s’exhibent malgré une vie sexuelle conjugale active;

 

Le fait que le témoin paraisse choqué, effrayé ou impressionné, accroît souvent l'excitation de l'exhibitionniste. Mais, la plupart des exhibitionnistes ressentent leur besoin comme difficile à contrôler et étranger à eux-mêmes, ils ne peuvent tout simplement pas s’en passer, et ils en éprouvent une souffrance qui se traduit par une altération du fonctionnement social, professionnel ou relationnel.

D’un point de vue psychologique, l’exhibitionnisme correspond à un profond manque de confiance en soi et au besoin de se rassurer en montrant sa puissance, combattant un sentiment inconscient de peur de castration. La réaction de la victime rassure (et/ou excite) l’homme par la peur qu’il déclenche mais provoque aussi la sensation que la femme jouirait de voir ce qu’il lui montre.

On distingue plusieurs formes d’exhibitionnisme :

Des formes dites classiques: un homme qui s’exhibe sans geste masturbatoire, ni volonté de chercher un contact plus intime. 

L’exhibitionnisme de type Garnier :un homme qui s'exhibe et se masturbe.

Le frotteurisme qui consiste à rechercher un contact physique avec des personnes dans des lieux publics comme les transports en commun par exemple. On peut considérer ce comportement comme une «variante» de l’exhibitionnisme, en effet, les «partenaires» ne sont pas consentants et ne peuvent s’échapper. Si l’exhibitionniste se place toujours là où on ne peut pas ne pas le voir, le frotteur se colle à ses victimes pour s’exciter.

Par philippe - Publié dans : pour tout le monde - Communauté : sexologie
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