Pédophilie - Portrait de l'agresseur sexuel

Publié le 7 Mai 2009

Qu’est ce que la pédophilie ?

C’est l’attrait sexuel pervers pour des corps pré pubères. Cette perversion est très polymorphe et connait des variations nombreuses. Cet attrait peut ainsi être exclusif, préférentiel ou secondaire, hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel.

Le fait d’avoir des fantasmes pédophiliques n’entraine pas nécessairement un passage à l'acte. De nombreux pédophiles ne passent jamais à l'acte grâce à une charpente morale, éthique et une éducation familiale. On ne peut pas actuellement évaluer le nombre d'abstinents qui se "limitent" à regarder des films ou des photos tout en vivant mal leur attrait sexuel pour les enfants. Les fantasmes pédophiles sont beaucoup plus fréquents que les passages à l'acte qui font office le plus souvent de compensation à des situations de crise au sein du couple, de déprime.


La très grande majorité des personnes ayant des fantasmes sur des enfants n'en parlent jamais. Pourtant, l'humanisation et la reconnaissance de la sexualité de ces individus passent par cette parole sous la supervision d’un thérapeute.


La dénonciation croissante des actes pédophiliques par les médias présente le grand avantage d’amener certains pédophiles à consulter un psychothérapeute ou un sexothérapeute, à la recherche d’une solution acceptable.

Qui sont les abuseurs ?

Les abuseurs sexuels sont, pour le plus grand nombre, des garçons jeunes ou des hommes adultes appartenant à toutes les classes de la société et de tous les milieux. Ils sont le plus souvent issus de l'entourage de la victime : un camarade, un voisin, un chef scout ou un animateur de jeunes, un baby-sitter, un enseignant, un patron, un collègue de travail, un prêtre, etc.

Ce sont aussi très souvent des membres de la famille : le père, l'oncle, le grand-père, le grand-oncle, le beau-père - de plus en plus fréquemment du fait de l'augmentation des remariages et des familles recomposées- le frère, le demi-frère, le beau-frère, le cousin, etc. On parle alors d'inceste ou d'abus sexuel intrafamilial. Il s'agit, plus rarement, d'une personne inconnue de la victime.

Certaines enquêtes montrent que 80% des agresseurs ont été eux-mêmes victimes d'abus dans le passé, la victime devenant plus tard bourreau. D’autres experts récusent cette hypothèse et cette proportion, et évoquent cet élément dans seulement 30 % des cas !

Cela n’excuse pas les agresseurs, mais peut expliquer en partie leur comportement. De toute façon, même si le fait d’être victime peut être un facteur aggravant, il ne s’agit pas d’une condition nécessaire et suffisante. Il faut donc rassurer les victimes et leurs parents sur ce fait.


A ce jour, nous n’avons pas de réponses à ce choix d’objet sexuel. Mais, il semble d’après l’anamnèse de nombreux cas, que l’on peut mettre en évidence un défaut de transition entre la pré puberté à la puberté qui ne s’est effectué chez ces personnes.


Il apparait que le développement de la personnalité et de la sexualité sont restées fixé au niveau de l’enfance et le partenaire objet de désir, reste un petit être sans poil à la peau lisse et douce, alors que le pédophile devient adulte et pubère. Il en conçoit une incapacité à projeter son désir vers un autre adulte et son immaturité l’empêchent de dialoguer et d’avoir une intimité avec des personnes adéquates alors que les enfants l’impressionnent moins.


On repère chez ces individus, une fascination perverse et une recherche de l’innocence, de la pureté ainsi que la toute puissance imposée à l’enfant. Ceci constitue le moteur du désir pédophilique.


Basés sur l'étude de 300 cas de pédophiles condamnés pour des délits allant des plus légers aux plus graves, des travaux publiés en 1998 montrent :


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Une infime minorité de ces sujets sont des sadiques qui allient perversité et sexualité. Ce sont des prédateurs "pédoclastes" (volonté de salir et de détruire l’enfant)

 


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Un second groupe aussi très minoritaire, est constitué par des violeurs ou des assassins, le plus souvent psychotiques et/ou déficients mentaux.

 


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Le plus grand nombre (80%) sont des "tripoteurs" utilisant uniquement la séduction et adeptes d'attouchements et ne pratiquant que rarement le coït.

 

L’attitude de l’agresseur face à sa confrontation aux faits

Les abuseurs dans 82% des cas n'admettent pas leur responsabilité - 53% nient même totalement les faits. Seuls 18% d'entre eux admettent les faits, et encore parce qu'ils y sont obligés après confrontation avec les victimes et en les accusant de les avoir "provoqués».

Cette négation des faits leur permet de persévérer dans leur perversion, et donc de ne pas être privés de leur jouissance, qui est leur seule préoccupation.

Quand ils ne peuvent plus nier les faits, ils les admettent en minimisant ou en niant les conséquences désastreuses sur les victimes, surtout si l'abus a été exempt de violence physique. S'ils ont du remords ou du regret, ce n'est jamais de leurs crimes, mais de s'être fait prendre et de devoir cesser.

Si un psy se montre indulgent envers un pervers, parce qu'il désire régler rapidement une situation qui le dépasse ou le dégoûte, il risque d'être manipulé par l'abuseur qui fera preuve d'un « repentir» à bon marché pour continuer en paix ses activités vicieuses cachées. Il se fait ainsi son complice, ce qui est grave.

Une réaction possible du coupable d'abus est la suivante : il salit et s'allie. Il salit les victimes ou d'autres personnes innocentes en les accusant du mal que lui-même commet ; ce faisant, il soulage ainsi sa culpabilité. Par ailleurs, il cherche à gagner ceux qui peuvent devenir ses alliés et ses défenseurs (un père incestueux s'allie sa femme pour qu'elle le laisse abuser de leur fille).

Un pervers qui est dévoilé et qui refuse de se repentir peut tomber dans la panique, la dépression, l'alcool ou le suicide ; plus souvent il s'endurcit et continue de manière accrue ses pratiques.

Il est extrêmement rare qu'un délinquant sexuel se repente réellement, (tout au plus exprimera-t-il quelques vagues « regrets»), mais il faut toujours lui en donner l'occasion.

Peut-on prévenir le passage à l'acte et la récidive ?

Il est important de préciser qu’en comparaison avec la fréquence des fantasmes, les passages à l’acte sont très peu nombreux. Pour autant, les pédophiles présentent un pourcentage de récidive plus important que pour les autres crimes sexuels (10 et 30 %.)


Beaucoup d'agressions sexuelles sur mineurs ne sont pas faites par des pédophiles exclusifs mais par des personnes qui ont une sexualité mal épanouie. Ces gens immatures et égocentriques peuvent exceptionnellement déraper et se livrer à une agression. Des personnalités immatures et d’une forte impulsivité profitant d’une occasion -"l’occasion fait le larron" peuvent commettre des dérapages, dans certaines situations de crise (dispute avec le conjoint, ivresse, etc.). Ces dérapages représentent une compensation et un remède à la frustration.


Le traitement vise principalement à permettre à ces personnes de mieux vivre avec leurs fantasmes en favorisant une activité autoérotique (masturbation) ou en parvenant à orienter l'objet de leur désir vers des personnes adultes. Il faut que le pervers comprenne, faute de mieux, que ce ne sont pas les fantasmes qui constituent un problème mais la décision de les vivre en ne tenant aucun compte de l’autre.


Le problème reste celui des "prédateurs" et des psychopathes, pour qui les bénéfices de la prise en charge sont limités, voire inexistants.


Attitude de l’entourage et du thérapeute à l’égard de faits pédophiliques.


Si vous êtes mis au courant d'un cas d'abus sexuel, la première chose à faire est d'éloigner la victime de l'abuseur, afin d'éviter que ce dernier ne recommence.

Le thérapeute doit informer son patient pédophile qui n’est pas encore passé à l’acte qu’il fera l’objet d’un signalement aux autorités s’il agresse un enfant. Si un patient est déjà passé à l’acte, le thérapeute doit amener son client à se dénoncer lui-même dans le but d’arrêter les agressions (protection de la victime et des autres victimes potentielles) et d’amorcer une réelle prise de conscience indispensable à la prise en charge thérapeutique.

La loi fait obligation de ce dévoilement et le thérapeute doit rompre le secret professionnel, sinon, il risque d'être considéré par la loi comme complice.

 

Rédigé par lobsang sonam

Publié dans #pour tout le monde

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