La psychanalyse Jungienne

Publié le 20 Avril 2009

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A: UNE COURTE BIOGRAPHIE DE C.G.JUNG

 

Il est né en Suisse en 1875 d'un père qui était un pasteur protestant et sa famille est issue d'un milieu médical et religieux bourgeois. Il est décédé en 1961 prés de Zurich. Le jeune Gustav connaît très jeune, d'importantes difficultés psychologiques car il est très affecté par les graves mésententes entre ses parents. Il est décrit, par les médecins comme un enfant inadapté et il s'enferme de plus en plus dans la solitude.

 

D'une grande intelligence, l'enfant se rend compte que la solitude est destructrice et que «quelque chose en lui le retient dans la solitude et que cette chose n'est pas lui». D’étranges phénomènes et des rêves terribles le hantent tellement qu'il abandonne ses études pour se consacrer à l'étude de ce qu'il se passe en lui. Ses souffrances sont tellement aiguës qu'il envisage même le suicide.

 

Il décide donc d'affronter cette chose autonome en lui et de mener ceci comme un combat. Jung reprend alors ses études interrompues. Il retourne au lycée puis plus tard entreprend des études de médecine qu'il achève en 1900. Il est alors l'assistant de BLEULER, psychiatre dans une clinique de Zurich .Il s'intéresse particulièrement à la schizophrénie, qui produit des phénomènes similaires à ceux qu'il expérimente.

 

C'est BLEULER qui lui fait découvrir les travaux de FREUD au travers de «L'ANALYSE DES REVES» où FREUD annonce l'existence de «provinces mentales» et de «pulsions dissociées et cachées du Moi» .

 

Dès 1907,le jeune assistant établit avec le Maître de Vienne une relation étroite, qui durera 6 années. Lors de la première rencontre, l'attirance réciproque est manifeste et FREUD considère rapidement JUNG comme son authentique successeur et le vrai «champion» du mouvement psychanalytique.

 

En 1909, il est mandaté pour aller aux Etats-Unis pour donner des conférences et immédiatement il est pressenti pour devenir le Président de la toute récente Association Psychanalytique Internationale (A.P.I). FREUD veut ainsi se garantir contre l'antisémitisme ambiant en intervenant fortement en faveur de l'élection d'un responsable non-juif.

 

En 1910, malgré une vive opposition et une jalousie féroce du milieu juif psychanalytique viennois JUNG est élu Président. En dépit d'une guérilla constante menée contre le nouveau Président, les sentiments d'amour, de respect et d'admiration que JUNG éprouvait à l'égard de FREUD firent que leur relation résista aux assauts. Pour autant, il ne trouve pas la paix de l'esprit, il est très fréquemment assailli par des visions qui le perturbent beaucoup. Il fait, une nuit, peu de temps avant la guerre de 14-18, le rêve d'une énorme vague sanglante qui submerge le continent européen, avec un réalisme effrayant. Il en restera marqué de façon définitive.

 

En 1910, il est très affecté par la rupture entre FREUD et ADLER. Celui-ci doute que la sexualité puisse rendre compte de la vie psychique et propose, à la place du pansexualisme freudien, la notion du «complexe d'infériorité» dont nous faisons tous l'expérience durant l'enfance au travers de la dépendance. Selon ADLER, le sentiment d'infériorité nourrit chez l'enfant la volonté de vouloir devenir supérieur aux autres. FREUD reconnaît la fréquence de ce sentiment d'infériorité et de son corollaire qui est la volonté de puissance, mais il en fait des manifestations pathologiques.

 

JUNG voulu comprendre comment deux individus aussi brillants que FREUD et ADLER, pouvaient en venir à des conclusions aussi différentes. Il découvrit la solution en proposant que tous deux avaient raison car «la vérité n'est pas absolue mais relative» et qu'elle est dépendante de la typologie psychiatrique de celui qui observe. FREUD le dogmatique n'appréciât que modérément la relativisation manifeste des critères scientifiques de l'époque, dont il se réclamait. En 1912; d'autres fêlures se font jours entre le travail de JUNG et les thèses freudiennes concernant la nature de la Libido et les conceptions concernant l'énergie.

 

Un enfant qui tête sa mère ou un biberon, manifeste une activité pleine de force, mais il n'est pas possible de prouver concrètement un lien entre cette activité et la sexualité, pas plus que ce lien n'est certain dans le fait de manger, boire, chasser ou de s'affirmer. En 1913, la rupture est totale avec la psychanalyse orthodoxe et JUNG donne à sa méthode le nom de «psychologie analytique» où il prend en compte la notion nouvelle d'un inconscient collectif qu'il développe dans son livre «TYPES PSYCHOLOGIQUES» en 1920.

 

Pour JUNG, la prime enfance ne joue pas le rôle primordial que lui accorde FREUD, dans l'apparition des troubles psychologiques à l'âge adulte. La thérapie jungienne tend à permettre à l'individu de retrouver en lui- même, dans son OMBRE, les manifestations et les exigences des ARCHETYPES et de transformer le Moi de la Persona en une autre réalité psychique accomplie: le SELBST c'est à dire le Soi-même.

 

La plupart des êtres humains ne développent pas leur individualité. Ils vivent et meurent en ignorant toutes leurs potentiels positifs, toutes leurs capacités d'accomplissement. Nous croyons à la liberté de notre Moi sans être conscients que nous sommes manipulés par des «entités», des archétypes qui sont en fait ,indépendants de nous. La liberté ne se gagne que par un travail de recherche et de découverte par le biais du travail d'INDIVIDUATION.

 

En 1944, JUNG publie «PSYCHOLOGIE ET ALCHIMIE» qui signe le début d'une deuxième partie de sa vie. Il fait passer la thérapie au second plan, pour s'intéresser à l'ethnologie, la philosophie des religions et l'alchimie. En 1958; l'ensemble des praticiens Jungiens se fédèrent au sein de la Société Internationale de Psychologie Analytique.

 

B:L'UNIVERSALITE DE L'INCONSCIENT

 

JUNG et FREUD se séparèrent aussi sur la conception de l'Inconscient. JUNG propose une définition plus vaste de l'inconscient qui n'est plus seulement une topique individuelle mais aussi une entité collective représentant la somme des expériences humaines accumulées depuis la nuit des temps. Ce savoir intuitif se manifeste dans les rêves et les mythes sous l'apparence des Archétypes qui, dans toutes les époques et toutes les cultures, ont des formes et des significations très proches voire identiques.

 

Pour Freud, l'inconscient était plein des refoulements provenant de la biographie individuelle. Mais alors se posait le problème des psychanalyses interminables chez des patients ayant manifestement vidé leurs contenus psychiques pathologiques, sans pour autant sortir de la névrose. La théorie psychanalytique répondit au problème en proposant la théorie de la résistance puis, à partir de 1920 par l'«invention» de l'instinct de mort. C'est d'ailleurs lors de l'une de ces psychanalyses sans issue que JUNG, utilisant le songe de l'une de ses patientes, qui rêvait régulièrement d'un géant colossal compris que l'Inconscient détenait un savoir qui dépassait l'histoire personnelle. Cette femme guérit quand son thérapeute lui expliqua que l'image du géant manifestait le désir de Dieu. Elle donna alors des interprétations et des éléments qui ne pouvaient provenir de son savoir, mais bel et bien d'une connaissance supra - individuelle .

 

JUNG se rendit compte que la Psychanalyse évoluait dans un contexte culturel circonscrit au domaine judéo-chrétien et qu'il serait très dommageable de tirer des conclusions générales à partir d'une telle vision limitée. Il entama une série de longs voyages, qui le conduisirent dans toutes les parties du Monde. Il découvrit que les hommes, où qu'ils soient font des rêves analogues. Les mêmes éléments de rêves sont partagés par les Suisses, les Touaregs, les Indiens d'Amérique et ces symboles se retrouvent dans des rêves contemporains comme dans la mythologie.

 

JUNG donne l'exemple dans «L'HOMME ET SES SYMBOLES« d'une petite fille qui rêvait d'un serpent a cornes qui tuait tous les animaux terrestre .Dieu venant des quatre coins de la Terre, sous quatre formes différentes, ressuscite tous les animaux. Ainsi la petite fille, sans aucune connaissance du sujet fait référence à une somme de symboles existant dans l'Evangile de Saint Mathieu, dans l'Apocalypse de Saint Jean, et dans les traités d'alchimie où le serpent à cornes est le symbole de Mercure qui s'oppose à la Trinité Chrétienne. Parmi de très nombreux exemples, nous pouvons citer la vision de Saint Nicolas, patron de la Suisse qui se réveilla terrorisé d'un rêve où Dieu lui était apparu sous la forme d'«Une roue à rayons». Saint Nicolas faisait  de la sorte, l'expérience commune en Inde, au Tibet, et dont il n'avait aucune connaissance, de l'aspect sacré de la roue - (chakra en sanscrit...)

 

Il est cependant notable, que les mythologies nordiques employaient une image analogue à la roue pour figurer la Porte du Jardin des Dieu. Cette image a six rayons, formait à la fois, le Mandala du monde mythique des Nordiques, et la source d'ou proviennent les Runes qui sont non seulement une langue écrite mais aussi des symboles magiques, et des signes divinatoires.

 

Comment peut-on expliquer ceci avec la seule définition de l'Inconscient individuel?

 

Il sembla clair à JUNG que ces manifestations ne relevaient pas de la pathologie, mais bien d'un aspect méconnu, beaucoup plus vaste de l'Inconscient. L'ensemble de ces découvertes permirent à JUNG de proposer une nouvelle théorie de la personnalité où l'on trouve, sous-jacent au Moi et à l'Inconscient individuel, un INCONSCIENT COLLECTIF

 

C: LE CONCEPT D'ENERGIE CHEZ JUNG.

 

La question de l'énergie et sa conception vont séparer JUNG et FREUD de façon radicale. JUNG fit remarquer qu'il n'y avait aucune raison que la seule sexualité soit à la base du comportement humain, alors que bien d'autres événements de la vie, agréables ou désagréables ont une évidente influence sur la formation de la personnalité. A vrai dire JUNG conduisit une fronde contre un postulat de base de la psychanalyse, qui fut ,en fait, une réduction que Freud ne démontra jamais. Rien, si ce n'est la foi dans ce postulat permet d'affirmer que la sexualité soit le seul moteur de tous nos actes. JUNG, à l'image des physiciens, n'a pas réduit la Force présente partout dans l'univers à une seule de ses manifestations. S'il est indéniable que la sexualité soit une force puissante, ce qui est pour nous tous une constatation commune, il est hasardeux d'en faire le moteur de tous les phénomènes de notre entourage et plus particulièrement de notre psychisme.

 

Pour les physiciens la chaleur, l'électricité, l'énergie atomique ne sont que des aspects de la Force et pas la Force elle-même. Ils créèrent donc le concept d'énergie pour décrire l'ensemble des manifestations de cette Force. L'un des apports capital de JUNG, fut d'affirmer contre FREUD que la sexualité n'est pas le moteur des phénomènes psychiques, mais uniquement l'une des manifestations d'une énergie vitale indifférenciée dans le sens Bergsonien. FREUD avait démontré que l'énergie psychique sous forme d'une émotion contenue peut parfaitement passer dans le domaine somatique sous la forme d'une conversion hystérique. Inversement, une pathologie du corps peut fort bien se transformer en manifestations psychiques - coma éthylique, ablation d'une tumeur, etc...Ceci démontre que l'énergie psychique que JUNG nomme la LIBIDO et l'énergie somatique sont interchangeables et forment ce que l'on appelle: L'ENERGIE VITALE.

 

La libido ne recouvre pas uniquement les activités sexuelles et érotiques, mais tout ce qui provoque l'émergence et les manifestations d'une vie psychique et physique. Pour autant JUNG n'a pas confondu l'énergie vitale avec le modèle de la physique et n'a pas fait de la libido l'un des aspects de l'énergie universelle. Il n'est pas possible de confondre les deux notions. Il est possible de définir qu'une quantité X d'énergie chimique peut fournir une quantité donnée et prévisible d'énergie mécanique, cette conversion n'est pas possible, ni mesurable quand il s'agit de la manifestation et de la quantification de la vie. Il est envisageable que l'énergie vitale soit un aspect de l'énergie universelle, mais cela n'étant pas vérifié JUNG ne l'a jamais affirmé. Pourtant, c'est un fait d'expérience que la vie est liée d'une façon ou d'une autre à toutes les manifestations énergétiques à l'œuvre dans l'être humain et son entourage. On ne peut pas pourtant parler de «production» bien que le changement de nature soit évident. JUNG nomme cette transition entre l'énergie vitale et les formes plus physiques de l'énergie: la TRANSFORMATION.

 

«L'homme est une machine technique qui utilise les conditionnements naturels pour la transformation des énergies physiques et chimiques en vie, mais aussi un machine mentale qui emploie les conditions vitales pour leur transformation en libido»  C.G.JUNG .Ma vie.

 

D: LA TYPOLOGIE JUNGIENNE

 

Suite à l'affaire ADLER, dont JUNG n'avait pu comprendre les raisons profondes, celui-ci proposa une typologie des individus pouvant rendre compte de telles différences de point de vue entre des personnes intelligentes. Pour le Savant suisse, il se produit toujours une relation inévitable entre le sujet observateur et l'objet. Le sujet donne une «couleur», un sens à cet objet. Sa libido cherche un objet pour se projeter et se matérialiser sur lui. Certains d'entre nous se centrent sur eux-mêmes par rapport à l'objet, ce sont les introvertis. A l'inverse, d'autres personnes mettent plutôt l'accent sur l'objet, ce sont les extravertis. Au cours de la vie, chacun de nous est introverti dès l'enfance, puis devient extraverti pour atteindre son maximum vers 20 ans où l'on est très tourné vers l'extérieur puis avec le vieillissement, on redevient progressivement introverti. C'est, à l'échelle d'une vie, un lent mouvement de dilatation et de rétraction, qui ne manque pas d'évoquer le mouvement pulsatile du vivant que décrit un autre psychanalyste: Wilhem REICH.

 

A l'intérieur des catégories introvertie et extravertie, les individus peuvent élaborer des processus mentaux de façon rationnelle ou irrationnelle.

 

Le mode rationnel

 

si la pensée est dominante. L’individu construit ses raisonnements en termes de vrai - faux - juste - injuste....etc... L’individu est dit réflexif.

 

si le sentiment est dominant. Il raisonne en termes de bon - mauvais - beau - laid .....etc... l'individu est dit sensitif.

 

Le mode irrationnel

 

si la sensorialité est dominante, les objets dans leur globalité sont perçus à travers les différents éléments qui le composent .L'individu est dit perceptif.

 

Si l'intuition est dominante, les objets sont perçus dans leur globalité et dans les diverses relations qui existent entre leurs différents constituants. Les éléments sont placés en deuxième rang d'importance .L'individu est dit intuitif

 

L'individu perceptif va observer toute l'importance des différents éléments, en les étudiant très en détail, sans se préoccuper des liens entre eux. L'individu intuitif au contraire va plutôt s'intéresser aux divers liens, relations ou forces qui unissent les trois éléments .Les différents éléments passent ici, au deuxième plan

 

Les caractères introvertis et introvertis peuvent dés lors se combiner avec les quatre types définis au-dessus


INTROVERTIS


REFLEXIF-SENSITIF                 PERCEPTIF-INTUITIF

 

 

 

 

EXTRAVERTIS  
 

REFLEXIF-SENSITIF               PERCEPTIF-INTUITIF

 

JUNG explique de cette façon, les différences d'interprétation entre les protagonistes d'un même événement. La relation à l'objet est différente, la coloration que nous lui attribuons ne peut être qu'éminemment subjective. JUNG posait, dés cette période, un postulat que les découvertes de la physique quantique allaient confirmer. FREUD, quant à lui n'accepta pas ce relativisme qui lui semblait contraire aux principes scientifiques.

 

E: LA SYMBOLIQUE CHEZ JUNG.

 

La pensée de C.G.JUNG est la clef d'une science et d'une thérapie initiatique puissante. Pour comprendre JUNG, il faut retrouver l'âme d'un enfant, ne pas se croire le centre du monde et bien comprendre que l'héritage ancestral est là, tout prés a surgir. Certaines images, signes, mots ont une signification identique quelle que soit l'époque, le lieu et la civilisation .En tous lieux, les légendes racontent la même histoire, comme si nous portions en nous un immense réservoir d'images collectives:l'inconscient collectif

 

Le symbole peut être un signe concret, évoquant quelque chose d'abstrait ou d'absent: le sceptre, qui lui-même porte la puissance du phallus est le symbole de la Royauté, le drapeau rempli la même fonction. Le symbole peut être signifiant en représentant une partie pour manifester le tout:la plume d'un aigle symbolise l'aigle, mais surtout les vertus qui y sont rattachées.

 

Le symbole devient une réalité vivante qui détient un pouvoir réel:un comportement donné, voir stéréotypé peut être induit par la simple vision du symbole. Phénomène de transes; exorcisme à la vue d'un symbole religieux.

 

Les symboles sont sexués comme l'Homme et expriment les deux principes universels masculin et féminin. Les grands symboles masculins sont le soleil, Dieu, le prophète, le père, le phallus, le sage  etc....qui possèdent les qualités suivantes:

 

ACTIF . RAYONNANT . FECONDANT . PENETRANT . CHAUD . SEC . HAUT . EN AVANT .

 

Les grands symboles féminins sont la lune, la terre, l'eau, la vulve, la grotte etc.... qui possèdent les qualités suivantes:

 

PASSIF . SOMBRE . FECONDE . PENETRE . FROID . HUMIDE . BAS . EN ARRIERE .

 

Pour FREUD, le symbole est une image ou un comportement finalement assez simples, qui peuvent se comprendre en les réduisant à la première expérience sexuelle originale:le pénis ou le vagin. JUNG voit dans le symbole beaucoup plus qu'une métaphore ou une allusion: c'est une forme transmettant de l'énergie. Là où FREUD dans la croix, voit une épée qui tranche le pénis, (il s'agit donc de l'expérience fantasmatique de la castration), on peut voir aussi un pénis pénétrant le vagin en perforant l'hymen. Le pénis n'est alors pas tranché, mais il devient l'arme qui perfore.

 

L'interprétation jungienne, ne se contente pas de cette interprétation limitée, dont le bien fondé ne repose que sur un dogme .La croix pour un thérapeute jungien signifie beaucoup plus qu'une simple métaphore sexuelle. Elle signifie:HIC ET NUNC: être ici et maintenant Elle permet de se situer dans l'espace; à la croisée des points cardinaux. Sous la forme de la croix gammée dextrogyre, elle est la roue solaire qui tourne en accord avec les lois de la nature. Sous la forme de la croix gammée sinistrogyre, elle est un symbole très négatif, d'autant plus qu'elle évoque les atrocités des Nazis. La puissance du symbole est ici particulièrement évidente, et il est difficile de rattacher de bonne foi, l'effet d'évocation de ce symbole à une quelconque métaphore sexuelle.

 

Le symbole est bien autre chose que la simple déformation d'un objet perçu dont on ne veut pas se souvenir tel qu'il était. La croix chrétienne, en tant que telle, porte des significations qui débordent largement la symbolique judéo-chrétienne. Elle fut d'ailleurs vénérée très antérieurement au Christ ,par les indiens d'Amérique.

 

Les fêtes autour de la Nativité sont par exemple, des symboles comportementaux. Le solstice d'hiver était une occasion de célébration, bien avant l'ère chrétienne et fut même assez tardive dans la symbolique chrétienne. Le symbole ici, nait de l'observation des rythmes de la nature, l'hiver représentant la mort et l'accroissement du jour manifestant la renaissance. Les Romains fêtaient DIES NATALIS et les Nordiques le SOLSTICE D'HIVER

 

Les postures du corps, les danses, les rituels initiatiques se rangent aussi au rang des symboles. Les chrétiens connaissent deux postures symboliques: la posture à genoux et sa version extrême qui est la prosternation, les bras en croix des prêtres lors de la cérémonie d'ordination. Elles signifient l'humiliation volontaire mais aussi l'ouverture au divin. En Orient, il existe une grande quantité de postures symboliques - d'asanas- qui préparent le pratiquant à atteindre un certain niveau de conscience.

 

«Le symbole est un véhicule transformateur d'énergie, qui mobilise et transforme et mobilise la totalité de l'individu. Il est plein de forces vivifiantes qu'il à la capacité de transférer. Il est un authentique moteur.qui nous fait comprendre comment une personne dévote, après être demeurée des heures à contempler l'image de son saint préféré. peut retourner à son labeur emplie de forces nouvelles».    M.ROJO SIERRA

 

Comment savoir si nous nous trouvons en présence d'un symbole?

 

Nous pouvons penser être en présence d'une image symbolique quand elle nous procure des émotions particulières (fascination, frisson, tremblements, terreur, extase....) L'image perceptive qui transporte l'archétype s'appelle l'Imago et permet d'accéder à l'Inconscient collectif.

 

F: LE PROCESSUS D'INDIVIDUATION

 

JUNG à la conclusion que «l'individu est organisé en structures ou complexes, contradictoires entre eux :

 

La PERSONA s'oppose à l'OMBRE.

 

L'ensemble formé par la PERSONA et l'OMBRE ,forme la personnalité, au sens freudien. Cette entité du même sexe que l'individu s'oppose à l'archétype sexuel (Anima - Animus)

 

L'ANIMA ou l'ANIMUS est de sexe opposé à celui de l'individu.

 

La puissance de l'archétype LUMIERE (puissance, connaissance infinie) entre en conflit avec les limitations de la PERSONA et de l'OMBRE.

 

L'apparente simplicité de l'archétype COSMIQUE ou TRANSPERSONNEL s'oppose à l'extrême complexité de l'univers et de l'esprit humain.

 

La thérapie va donc être une métamorphose issue de la conciliation des opposés qui va permettre l'émergence d'une vérité latente mais non manifestée.

 

C.G.JUNG s'est toujours démarqué de HEGEL qu'il accuse d'être responsable de «cette catastrophe qui s'appelle Allemagne». Il qualifie son langage de schizophrénique: «ce type de langage affecté est un symptôme de débilité, d'impuissance et de manque de consistance», mais il a aussi confessé que le philosophe allemand l'intimidait .Pourtant, la méthode de JUNG est très superposable avec la pensée hégélienne et l'on peut se demander si l'aversion de JUNG pour HEGEL n'est pas plutôt liée à la peur viscérale de la schizophrénie qui taraudée le psychanalyste suisse.

 

Il est certain que JUNG fut atteint d'accès psychotiques et qu'il fut un génie poursuivie, sa vie durant par la folie. On peut comprendre la peur que pouvait engendrer chez lui, HEGEL quand il écrivait que Dieu par sa propre contemplation, se divisait à l'infini en contempleur et contemplé, ce qui est le cauchemar le plus épouvantable pour un psychotique.

 

Comme le montre HEGEL, une chose peut certes se définir par son contraire de type: A / NON-A, mais aussi, les contenus de A et de NON-A sont parfaitement réversibles. Donc, dans une dialectique parfaite, les contraires doivent s'absorber dans une synthèse positive.

 

«Ce qui est la vérité, n'est ni l'être, ni le néant, mais l'être s'échange dans le néant et le néant s'échange dans l'être »

 

La synthèse des contraires engendre un mouvement qui est le devenir .Quand deux éléments contradictoires cohabitent, leurs oppositions s'absorbent l'une l'autre, afin de créer une nouvelle réalité. JUNG utilise ce principe pour résoudre les contradictions entre les différentes structures de la personnalité. A chaque fois qu'un conflit se résout, une autre entité apparaît qui n'est par exemple, ni l'OMBRE, ni la PERSONA, mais qui constitue un progrès de maturation. Au fur à mesure de ces confrontations, le Moi en devenir va se confronter à l'archétype sexuel, puis à l'illimité dans l'archétype Lumière. Cette ultime découverte transforme le MOI en SELBST.

 

1: La première étape

 

Par l'expérience, on s'aperçoit que les personnes en souffrance vont s'ouvrir plus facilement à cette aventure intérieure, que des personnes apparemment sans problème. L'entrée en thérapie consiste pour la personne, à se rendre compte que MOI ne signifie pas le TOUT. Pour entamer le processus d'individuation il faut être capable de dire:

 

«je ne suis pas celui que je croyais être jusqu'à maintenant, je ne suis pas ce que j'appelle être moi, je ne suis ni mes projets, ni l'image que les autres et moi-même ont de moi, je suis un inconnu et je me cherche»

 

Cependant, la liberté que va ressentir le Moi se paye par une certaine dépersonnalisation, qui se traduit par une attitude de rupture ou de victoire par rapport à d'anciens blocages .Il faut alors accepter de mettre entre parenthèse ses anciens principes. C'est grâce à l'étude des rêves et par l'imagination libre que l'on peut amorcer la régression pour rebondir par la suite vers une évolution. Chaque contenu des rêves est amplifié à l'extrême par la mise en conjonction d'images analogues, jusqu'au moment où la signification du contenu s'illumine brutalement.

 

2: La deuxième étape: La rencontre avec l'ombre

 

Elle conduit l'homme à se décentrer par rapport au besoin de reconnaissance sociale et à accepter les aspects de lui-même jusque là méprisés, dévalorisés, négligés ou simplement oubliés. Il convient alors de suspendre le jugement dans une attitude purement phénoménologique, sans s'appliquer de jugement de valeur positif ou négatif, sans refus ou auto-justification.

A cette phase, les contenus du rêve parlent de plus en plus fréquemment de cette part cachée en nous, de cette face assombrie, plutôt que sombre de notre individualité. Les manifestations de cette Ombre vont rendre le patient de plus en plus sensible aux mauvais côtés des autres, jusqu'à la prise de conscience qui le conduit à la découverte que son entourage n'est que le miroir des «défauts» de son Ombre. Parallèlement, les rêves montrent le patient en train d'accomplir des actions qui ne lui sont pas communes et opposées à ce qu'il pense être sa naturel apparaît parfois à ce stade; une dés-inhibition durant une courte période avec des comportements inhabituels voir condamnables.

 

A l'issue de cette étape, le patient adopte le saint, le voyou, le satyre qui sommeillent en lui. Il a beaucoup changé dans son rapport aux autres:il ne juge plus, devient tolérant, compatissant en intégrant le côté noir des actions positives et l'aspect blanc des actions négatives. Il redécouvre la sagesse antique du TAO dont le symbole est universellement connu.

 

Le Moi vit alors dans un milieu où les notions du bien et du mal sont relatives et où les défauts d'autrui perdent de leur acuité car ils sont vécus comme nos propres défauts. Le dogmatisme MORAL/IMMORAL est dépassé. A ce niveau, le travail sur les structures individuelles s'achève. Nous entrons ensuite dans le domaine de l'Inconscient collectif.

 

3: La troisième étape:la rencontre avec l'archétype sexuel

 

Les manifestations des archétypes sexuels, Animus et Anima ne deviennent très manifestent que lorsque l'Ombre a été intégré.

 

Pour l'homme, il est fréquent que l'évolution de la libido le ramène à l'image de la mère dans ses rapports conjugaux. Un grand nombre d'hommes appellent leur femme: Maman. Cet amour dyadique fait que l'homme aime sa femme comme le bébé aime sa mère .Ils se montrent exigeants, exclusifs, jaloux, volontiers moralisateurs par rapport à la sexualité .Le lien qu'ils établissent à la femme est plein de la peur et de la méfiance d'être dominés ou abandonnés. Cela explique souvent que certains hommes ne se marient jamais.

 

Face à ce problème la solution réside dans le fait de transformer le symbole mère-femme en symbole Terre-Mère car alors c'est la Terre et la nature qui se trouvent chargées de la puissance de la maternité, libérant de cette façon l'image de la mère-femme. Les Grecs, qui avaient vu cette difficulté utilisèrent les célébrations Dyonisiaques, durant lesquelles la personne devait donner libre cours à sa nature animale au cours d'Orgies. En utilisant le vin: fruit de la terre, comme modificateur des états de conscience, chacun pouvait faire l'expérience de la générosité de la Terre-Mère. Il s'agit d'une initiation au cours de laquelle l'homme voit un jour se manifester  la femme-animal excitante, dans toute sa crudité, sa douceur et sa force .Le patient montre des changements d'humeur très brusques dont il va se libérer en parlant avec son Anima.

 

En faisant le silence intérieur, l'homme pourra être réceptif aux messages et aux réponses de son Anima. Celle-ci se vide alors de ses symboles et de ses contenus dans le Moi, résolvant une contradiction supplémentaire.

 

Pour la femme, le mécanisme est similaire. En se contactant avec son Animus la femme peut s'affronter avec ses opinions définitives et son fanatisme idéologique et selon le même processus son Moi peut, en fin de compte, engranger l'énergie des divers symboles masculins.

Mais alors se pose la question: que se passe-t-il lorsque la force de l'archétype sexuel a été intégré?

 

L'archétype perd son pouvoir de fascination qui libère le patient de la prison d'un comportement lié au sexe physiologique: Le Moi cesse de s'identifier à l'identité sexuelle de la personne. Les hommes et les femmes cessent alors d'avoir peur de l'autre sexe dans la mesure où ils ne sont plus des étrangers les uns pour les autres. Ils ne tombent plus amoureux de l'autre sous une forme dépendante d'une projection de l'archétype, mais ils s'unissent en reconnaissant au partenaire une originalité irréductible.

 

4: La quatrième étape:la rencontre avec l'archétype Lumière

 

Miguel Rojo Sierra dans le livre «INTRODUCTION A LA LECTURE DE C.G.JUNG» cite cette phrase que JUNG a extrait du FAUST de GOETHE:

 

«Eris sicut Deus , scientes bonum et malum» (Vous serez comme Dieu, connaisseurs du bien et du mal.)

 

JUNG commente cette citation ainsi:

 

«Oui, laisse toi guider par cette ancienne sentence et par mon cousin, le serpent. Il arrivera le jour où, toi-même tu seras horrifié de ta ressemblance avec Dieu».

 

La mythologie offre un grand nombre d'exemples tout à fait explicite de la transition que permet l'archétype lumière sitôt la résolution des conflits issus de l'apparente contradiction au sein des archétypes sexuels ANIMA - ANIMUS. HERMES, le messager des Dieux de l'Olympe, est porteur de deux serpents entrelacés qui symbolisent les contradictions entre les deux énergies sexuelles et par ailleurs leurs conjonctions quand elles s'entrecroisent pour changer de polarité. Dans son autre main, HERMES tient un phallus en érection.

 

Ces symboles provenant d'une imagerie sexuelle très commune peuvent à cette étape de la thérapie, subir une transformation, un glissement de leur signification vers un sens plus élaboré où le phallus érigé établi le lien physique entre la terre et le ciel tandis que les serpents ANIMA-ANIMUS se transforment en messagers de bas en haut. Les serpents dépassent, en tant que symbole, le cadre restreint du symbolisme sexuel pour acquérir un statut supérieur et différent.

 

Nous pouvons expliquer ainsi la très grande fréquence de l'imagerie à base sexuelle dans de nombreuses religions et philosophies où l'activité sexuelle et l'érotisme (non pas la licence) sous des formes et des rituels très codifiés sont une façon d'atteindre une vérité plus haute. Les interdits judéo-chrétiens touchant cette activité humaine, quels que soit les principes moraux qui les «justifient» ne font que montrer une peur terrible par rapport à la vraie signification de la sexualité et des secrets qu'elle recèle. S'il s'agissait là, d'une «occupation humaine» anodine et ludique, il n'y aurait guère d'explication à la répression.

 

Comme l'a montré René GIRARD dans le livre «DES CHOSES CACHEES DEPUIS LA FONDATION DU MONDE» les interdits se mettent en place, là où les rivalités peuvent s'exercer pour un objet, un savoir faire ou un savoir être. L'église et ses fondateurs ne pouvaient qu'être conscient de la puissance et du savoir cachés derrière la sexualité et ils ont fait le choix de la négation et de la répression.

 

Le NOUVEAU TESTAMENT fait dire à PIERRE: «Il n'est pas bon que nos frères vivent selon la Chair, mais s'il est des frères qui ne peuvent sans empêcher, alors qu'ils se marient car il vaut mieux se marier que brûler...»

 

Le texte fondateur de la BIBLE, la GENESE confirme bien cette problématique du serpent qui va provoquer la chute de l'Homme qui, en s'émancipant de la tutelle de Dieu, va acquérir une autonomie: son individuation.

 

«....La femme répondit au serpent:Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort .Le serpent répliqua à la femme: pas du tout!vous ne mourrez pas!Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal....Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle et il mangea; alors leurs yeux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.

 

............Yahvé Dieu dit à la femme: qu'as-tu fait là? et la femme répondit: c'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé.

............Puis Yahvé Dieu dit: voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal! Qu'il n'étende pas la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et ne vive pour toujours! et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d'Eden pour cultiver le sol d'où il avait été tiré.»

 

Nous pouvons raisonnablement penser, que dans notre contexte culturel, le postulat freudien de la sexualité est légitime car il y a gros à penser que la répression féroce de l'activité sexuelle dans une société et ce, durant des siècles, a fourni le substrat d'une riche pathologie mentale à base de refoulement libidinal. Il manquait pourtant au constat de FREUD, la profondeur et l'ouverture que lui apporte C.G.JUNG.

 

Nous dirons, à la décharge de FREUD, qu'il a eu le grand mérite de toucher du doigt l'étiologie sexuelle d'un grand nombre de troubles plus ou moins importants du psychisme humain. L'erreur est apparue au moment où il a fait une vérité universelle, d'une névrose de civilisation liée à la répression sexuelle spécifique qui à baigné l'Occident.

 

A telle enseigne, que la libération des mœurs dans les années soixante, n'a pas été une évolution, une prise de conscience mais une grande explosion névrotique signant l'incapacité d'une société a se réformer rationnellement sur ce plan. Ce fonctionnement extrémiste «en balancier» - le puritanisme balayé d'un coup par le laisser aller complet - est très symptomatique d'un comportement morbide incapable de trouver une solution de compromis .

 

Le désenchantement des générations de la «libération des mœurs» prouve à l'envie le manque de lucidité à l'égard du caractère éminemment sain, sacré et riche de sens de la communion sexuelle. Et, si nous n'y prenons garde, un retour maladif du balancier s'imposera, a travers un rétablissement de «l'ordre moral» tout aussi ignorant.

 

Après avoir affronté l'archétype sexuel, en tant que véhicule qui nous permet de franchir le fossé qui nous sépare du Divin: il reste encore à l'individu à affronter LE POUVOIR en lui-même. Le MOI possède son propre savoir, mais il doit alors rencontrer un savoir illimité qui dépasse les limites restreintes de ce petit MOI que FREUD présentait comme pathologique.

 

La figure symbolique du serpent, que le Dieu chrétien recommande d'écraser sous le talon , nous amène finalement à dépasser le bien et le mal et à transcender les limites quitte à devenir comme le montre NIETZSCHE dans «AINSI PARLAIT ZARATHOUSTRA» un homme souverain , sage et....FOU.

 

La connaissance de l'archétype lumière se manifeste comme une ouverture stupéfiante et infiniment lumineuse. Le danger est alors de s'identifier à ce pouvoir transcendant Le patient voit apparaître dans ses rêves des images de l'incommensurable: des visions de l’univers, des géants, des apocalypses (voir SAINT JEAN ou Le crépuscule des Dieux de la mythologie nordique:dans les deux cas, un serpent détruit le monde ou participe à son anéantissement).

 

Il y a deux réactions en face de cet archétype:

 

  • Le recul
  • L'affrontement

 

Le recul consiste à ne pas poursuivre le processus d'individuation en raison de la peur que nous inspirent les manifestations de l'archétype. La personne revient alors sur «la terre ferme», s'occuper de besoins externes impérieux pour suppléer aux exigences toutes aussi impérieuses de la vie intérieure: retour aux «vraies valeurs», retour à la terre, au silence, l'isolement etc....

 

L'affrontement fait courir le risque de la mégalomanie par l'identification au POUVOIR. Pour faire face à la menace réelle qu'il perçoit d'être phagocyté par l'archétype lumière, le sujet risque de chercher (et de trouver) une protection dans un chef charismatique positif ou négatif, de s'engager dans une secte, dans une religion de façon totalement fanatique avec une foi aveugle. Il est disposé à abdiquer son autonomie pour obéir à une entité qui lui dira le bien et le mal .

 

Nous trouvons des formes diverses de paranoïa

 

1 se prendre pour Dieu

2 se prendre pour son prophète

3 se considérer comme le disciple d'un Maître imaginaire, dans une attitude faussement modeste qui autorise toutes les démissions et la paresse intellectuelle.

 

Un autre aspect peut se faire jour sous la forme de ce que JUNG appelle la personnalité - mana (la mana étant un pouvoir magique que l'on peut transmettre)

 

La personne est hautaine, pleine de présomption, avec une foi inébranlable dans sa propre valeur, que les autres méconnaissent .Il marque sur son visage et dans son attitude un mépris souverain pour toute la «pauvre humanité». La personne est d'autant plus fascinante qu'elle sort des limites de l'humain pour évoluer dans des domaines transpersonnels. Cette maladie est tellement fréquente dans le décours de la thérapie que JUNG lui a donné le nom d'«INFLATION».Elle peut être transitoire ou permanente - sous la forme d'une schizophrénie - plus ou moins intense.

 

Yolande JACOBI dans l'ouvrage «LA PSYCHOLOGIE DE C.G.JUNG» parlant de l'inflation, écrit:

 

«Tout le monde y fait une incursion, à un moment ou à un autre, l'individu ne s'en sortira qu'en faisant acte d'humilité...»

 

Ce qui très concrètement doit amener la personne possédée par l'archétype lumière à s'astreindre à un travail simple, utile et obscure afin de purger son orgueil. Il survient alors l'émergence d'un nouvel archétype qui transforme radicalement le MOI apuré et libéré de l'Inflation: LE SELBST

 

G: LA FIN DU PROCESSUS D'INDIVUDUATION: L'ARCHETYPE COSMIQUE.

 

Le selbst ou le soi-Même représente l'apogée d'une véritable crise toujours douloureuse, parfois insupportable pour le patient qui a du se confronter aux vertiges de l'infini et ses exigences. L'individu ne dispose plus de la force coordonnatrice et unificatrice de la Persona et il doit retrouver impérativement un moyen de se structurer. Ce passage est pourtant indispensable, car il crée les conditions pour qu'apparaisse un équilibre entièrement nouveau et dynamique.

 

C'est une ultime entité - l'archétype cosmique ou transpersonnel - qui va réorganiser la personnalité émergeante autour du selbst et guérir la personne. Cet archétype organise tout autour de lui selon des règles harmonieuses et géométriques. Cette force est à l'œuvre dans les mandalas tibétains, hindous, chrétiens, les dessins géométriques dont les chamans Navajos se servent pour rétablir l'harmonie entre un malade et son environnement, le mandala des Runes nordiques.

 

L'Ecole Jungienne donne une grande importance à l'étude de la structure des cristaux, importance qui a été confirmée par les recherches scientifiques modernes sur les fractales et les propositions de la théorie du chaos. En effet, la recherche montre que les objets en apparence les plus chaotiques dans l'infiniment grand:- l'univers ou dans l'infiniment petit, recèlent une structure organisatrice et géométrique dont la réalité n'apparaît pas de prime abord.

 

Emilio MIRA LOPEZ dans «DOCTRINES PSYCHOANALYTIQUES» écrit:

 

«Le cristal symbolise l'expérience la plus simple et la plus profonde d'un objet externe que l'homme puise avoir, dans ces moments où il se sent immortel et inaltérable...La disposition mathématique du cristal évoque en lui le sentiment intuitif que même la matière appelée morte est dotée d'un principe ordonnateur spirituel. En effet, dans leur structure intime, tant la matière inanimée que la matière vivante tendent au géométrique et à la symétrie. Non seulement les cristaux sont géométriques, mais aussi certaines cellules animales (sphériques), végétales (polygonales), de même que, dans la manifestation biologique la plus simple, les virus (sphérique ou polyédriques).Peut-être que le fait de placer des pierres dans les tombes provient de cet archétype du vivant, même dans l'inanimé»

 

Dans «LA VIE SYMBOLIQUE» C.G.JUNG fait le récit de l'expérience totalisatrice que fit le frère NICOLAS DE FLUE, reconnu comme bienheureux par l'Eglise.

 

Les chroniqueurs de l'époque rapportent l'impression que produisait le Saint sur ceux qui le rencontraient:

 

«tous ceux qui venait à lui étaient saisis d'une grande frayeur dès le premier coup d'œil .Il avait coutume de dire, quant aux causes de cet effroi, qu'il avait vu une lumière pénétrante figurant un visage humain .En la voyant, il avait peur que son cœur n'éclate en petit morceaux. Rempli d'effroi, il avait alors immédiatement détourné son visage, et était tombé par terre. C'est pourquoi son visage était effrayant pour les autres, à présent.»

 

Un témoin fait le récit de ce que lui confiât Nicolas au sujet de l'une de ses visions

 

«et Frère Nicolas se remit à parler et me dit: si cela ne me chagrinait pas, je te ferais bien voir mon livre, dans lequel j'apprends et cherche la sagesse contenue dans cet enseignement. Et il me montra une figure, dessinée comme une roue à six rayons...»

 

A l'issue de la thérapie, sous l'effet de l'archétype cosmique, toutes les possibilités manifestes ou latentes de la personnalité vont se trouver réorganisées progressivement .Le mouvement se produit dans un grand mouvement spirale qui va conduire le patient à se percevoir comme un être entièrement nouveau, inconnu et super-ordonné. Le centre organisateur de la personnalité ne sera plus le petit Moi restreint mais un nouveau centre d'organisation, le selbst en rapport harmonieux et pleinement conscient des différentes entités qui forment la personnalité.

 

H: CONCLUSION

 

C.G.JUNG a évité la folie car il a pu prendre en compte toutes les entités qu'il a perçues en lui et leur donner une explication et une existence rationnelles. Il trouva, de cette façon, le moyen de cohabiter avec elles et de les unir au moyen d'une théorie de la personnalité qui, non seulement le sauva, mais qui s'est montrée efficace et salutaire pour un grand nombre de malades.

 

Roland CAHEN dit que les théories jungiennes ont modérées et humanisées la psychanalyse. Mais il qualifie l'entreprise de JUNG éclose avant que la révolution psychanalytique ne soit digérée, comme tragique.

 

«Sur le plan historique, un des principaux malentendus vient du fait que JUNG et la révolution de pensée qu'il nous a apportée sont venus en quelque sorte trop tôt. C'est là, le tragique de JUNG.»

Rédigé par lobsang sonam

Publié dans #Connaissances pour thérapeutes

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