La psychanalyse freudienne 1°partie

Publié le 20 Avril 2009

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I: L’HISTORIQUE

 

Sigmund Freud nait en 1856 à Freiberg (aujourd’hui Pribor en république tchèque), dans une famille de commerçants juifs assez fortunés. Mais la ruine de la famille amène l’installation des Freud à Vienne, ce dont le jeune Sigmund âgé de 4 ans, souffrira beaucoup. Sa mère, très aimante et attentive à l’égard de son fils, sera une véritable bouée de sauvetage. Freud attribuera d’ailleurs son caractère affirmé à la présence de cette mère exceptionnelle.

 

Très bon élève, c’est sans vocation particulière qu’il entame ses études de médecin en 1873. En 1880, Freud est chercheur en neurophysiologie. Il se révèle plutôt casanier, cocaïnomane et névrosé. Il va pourtant parcourir l’Europe, entretenant avec les lieux qu’il visite d’étranges rapports. Athènes et Rome vont l’éblouir au point d’influencer ses théories. Il est docteur en 1881. En 1886, il rencontre Charcot à la Salpétrière qui étudie l’hypnose en essayant de décrire et classifier les manifestations hypnotiques. Freud fait l’apprentissage de ces méthodes sans rencontrer de succès.

A Paris, il approfondit sa formation mais se trouve confronté à ses inhibitions. Il maîtrise mal le français et supporte difficilement la solitude et la pauvreté. Il ne s’intègre pas à la vie mondaine  et aux soirées parisiennes auxquels l’invite Charcot. Freud raconte lui - même d’ailleurs ses palpitations cardiaques, son émotion, son attitude gauche et son recours à la  cocaïne pour vaincre ses malaises et son angoisse.. Il n’aime pas les Français qu’il trouve amoraux et portés aux plaisirs. Le peuple français est, selon lui « celui des grandes épidémies psychologiques et des convulsions historiques de masse ». De sa présence à Paris, il gardera une passion pour les antiquités égyptiennes et gréco-latines qu’il découvrira en fréquentant assidûment le Louvre.

 

Il va se rendre à Nancy rencontrer Liébault et Bernheim qui étudient eux aussi les phénomènes hypnotiques. Freud rencontre encore le même insuccès dans l’utilisation de l’hypnose et des méthodes inductives.

 

Après la pénible période française et ne pouvant vivre de sa seule activité de chercheur, c’est sans grande conviction que Freud crée un cabinet de neurologie à Vienne en 1886.

 

Il se marie la même année, et aura cinq enfants de cette union. Il semblerait que Freud est ensuite arrêté toute relation sexuelle après 40 ans. Concernant la vie intime de Freud, on trouve dans la biographie qu’a rédigé Ernest JONES un commentaire qui laisse en effet, mal augurer de sa vie affective et sonne comme un signe précurseur des conflits qui viendront au grand jour dans son livre « Malaise dans la civilisation »

 

« Il s’est enfermé lui-même dans la prison de la croyance et des coutumes juives qu’il détestait sur le plan intellectuel, qu’il a souffert, à la suite des pressions familiale et religieuse, d’une grave stase sexuelle pendant les cinq années de ses fiançailles avec une jeune fille vivant sous la coupe d’une mère névrosée. »

E. Jones : Freud , la vie sexuelle - P.U.F. 1969

 

 

Le psychanalyste s’installe de 1891 à 1938, dans un immeuble bourgeois, au 19, Berggasse. C’est une période prolifique pour la théorie psychanalytique. Freud concentre la totalité de son énergie, de sa libido, à élaborer son corpus théorique. Il consacre l’essentiel de son temps et de son énergie à l’analyse de ses patients. Il consigne par écrit, au jour le jour l’ensemble des ses observations et met au point les textes majeurs et fondateurs de sa discipline car Freud est toujours en quête d’une légitimation scientifique de ses travaux.

 

Le bureau de Freud est un lieu peu commun et riche de bibelots, de fétiches, de photos, dont celle de Lou Andréas Salomé , de livres, de statuettes parmi lesquelles une tête d’épervier, un scribe, des femmes drapées, un étrange fauteuil presque anthropomorphe.

 

Le célèbre divan est là bien sûr, ainsi que, dans une petite pièce attenante, un fauteuil articulé comme celui d’un dentiste, plus pratique pour traiter les plaies du cancer de la mâchoire devant un petit miroir.

 

En 1895, en commun avec BREUER, il publie « Les études sur l’hystérie ». En 1896, le terme psychanalyse est employé pour la première fois dans « L’hérédité et l’étiologie des névroses ».

 

Cette période de 10 ans s’achève par l’abandon de toutes les méthodes inductives et la mise au point des « associations libres ». Sa nouvelle doctrine est basée sur l’existence d’un « noyau pathologique » qui s’est formé au cours de l’enfance, à l’occasion d’un traumatisme sexuel réel provenant de la séduction par un adulte. Les souvenirs et les représentations intolérables ont été enfouis, refoulés et forment « le noyau pathologique ».

 

Le symptôme est le résultat de ce refoulement. La thérapie tend à lever le refoulement en ramenant les souvenirs dans le champ conscient. Il en résulte la disparition du symptôme. Selon ces principes, Freud entreprend son auto - analyse mais il comprend très vite que cela est impossible.

 

La mort de son père, en 1896, lui fait découvrir et mesurer l’importance de ce qu’il nommera le complexe d’Oedipe,  dans la vie inconsciente de l’enfant.:

 

« ... J’ai trouvé en moi, comme partout ailleurs, des sentiments d’amour envers ma mère et de jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je pense, communs à tous les jeunes enfants. »

 

Il entreprend aussi l’analyse systématique de tous ses rêves et c’est en 1900 qu’il publie « L’interprétation des rêves » où il accorde au rêve un sens, caché certes, mais réel et qui ne découle pas à l’évidence des images rêvées. Il s’agit « d’associations » que le patient fait à partir de sens qui lui sont propres et qui n’ont d’évidence que pour lui. L’interprétation d’un rêve exige donc la collaboration du rêveur.

 

Avec la célébrité et au grès des congrès de psychanalyse, il doit se déplacer de plus en plus en Europe ou aux Etats-Unis. Il va donc régulièrement se reposer à Badgastein ou à Berchtesgaden en Bavière. Il se sent attiré par l’Italie mais aussi très angoissé au point qu’il ne peut aller delà du Trasimène, l’endroit où Hannibal s’est arrêté dans sa guerre contre Rome. Ce personnage historique représente pour lui, l’archétype du héros sémite en lutte contre l’antisémitisme chrétien. Selon ses propres expressions, il oppose « la ténacité juive » à « l’organisation chrétienne ». En 1901, il dépassera ce refoulement romain et se décidera à provoquer les antisémites chez eux, sur leur terre.

 

La rencontre avec la Ville Eternelle va lui donner la métaphore qui lui permet de décrire le Moi. Celui-ci serait structuré comme les couches archéologiques successives, conservées et dépassées, maintenues en l’état, mais enfouies, qui constituent et structurent l’identité de la Citée.

 

FREUD propose la 1ère Topique, c’est-à-dire un mode de représentation théorique du fonctionnement psychique comme un appareil ayant une disposition spatiale.

 

Les instances en présence sont :

 

- L’inconscient

 

- Le conscient

 

- Le préconscient

 

Après Rome il visite Athènes mais c’est l’Egypte qui constitue l’un des mystères de la vie de Freud. En effet, bien qu’attiré par cette civilisation il sabotera chaque occasion de voyage par un acte manqué des plus classiques.

 

Ce n’est qu’à partir de 1906, avec la création de « La Société du Mercredi », que FREUD recrute ses premiers disciples et quitte alors son isolement. Il fonde rapidement « La Société Psychanalytique de Vienne » et dès 1910, « La Société Internationale de Psychanalyse » dont le premier président sera C.G.JUNG.

 

Cette même année, Freud revient sur une notion qui avait heurté les bonnes consciences. Il remplace la théorie de la séduction réelle de l’enfant par un adulte par la théorie de la séduction fantasmatique qui faisait tout de même moins désordre dans la bonne société viennoise.

 

En 1912, dans « Totem et Tabou », sur l’interdit lié au père, FREUD décrit le mythe de la horde primitive. Sur le meurtre de ce père mythique et autoritaire, se fonde la culpabilité des enfants. Cela restera un point très difficile de la théorie Freudienne, en raison du grand polymorphisme du rôle paternel et de l’aspect « folklorique » de cette thèse qui ne s’appuie que sur des hypothèses mythologiques.

 

En 1920, FREUD propose la 2ème Topique qui rectifie la 1ère en dégageant :

 

- Le Ca

 

- Le Moi

 

- Le Sur-moi

 

 

La 1ère et la 2ème Topique ne sont pas parfaitement superposables.

 

Toujours en 1920, FREUD publie « Au-delà du principe de plaisir »où il affirme l’existence de l’instinct de mort (Eros et Thanatos) et d’un masochisme primaire lié à cet instinct de mort, alors que jusque là, le père de la psychanalyse voyait le masochisme comme un renversement du sadisme.

 

La naissance de la notion d’instinct de mort est due à l’allongement sans cesse croissant des cures psychanalytiques, constaté par les praticiens. C’est le problème des résistances et des stratégies d’évitement. Les psychanalystes de l’époque en vinrent à penser qu’au terme de la thérapie, le patient n’avait le choix qu’entre deux solutions :

 

·      guérir en détruisant l’image parentale responsable de la souffrance (sadisme)

 

·      se détruire en respectant  l’image parentale (masochisme)

 

La problématique de la psychanalyse débouchait sur un gouffre béant où l’homme se trouvait  confronté à une problématique de destruction vitale de soi ou de l’autre et une vision dramatique de l’être humain.

 

Ainsi, en 1929, dans « Malaise dans la civilisation », le bonheur est montré comme un but impossible à atteindre par un homme qui est fondamentalement méchant. Freud fait le constat paradoxal que plus l’être humain se conforme aux exigences du Sur-moi, plus celui-ci se montre tyrannique et castrateur.

 

La fin des années 20 marque un tournant dans la vie de Freud. Il résista aux implications politiques et sociales de la psychanalyse qui conduisaient à combattre la morale bourgeoise de l’époque et l’on vit l’homme « scientifique » se heurtait à la personnalité puritaine du psychanalyste et aux pressions du milieu psychanalytique.

 

« A l’époque victorienne, Freud était en contradiction  avec le Freud qui avait découvert la sexualité infantile. » écrivit Reich.

 

Reich, dans « La fonction de l’orgasme », souligne la question suivante, sur laquelle achoppèrent tous les analystes de l’époque :

 

« Que doit faire le patient avec sa sexualité naturelle, une fois qu’elle a été libérée du refoulement ? »

 

FREUD éluda cette question jusqu'à interdire qu’elle soit posée !.En but à une terrible contradiction, FREUD ne put faire le choix vital et resta intérieurement déchiré entre l’homme de science et le Sur-moi. Quand, dans « Malaise dans la civilisation », il décrit la méchanceté de l’homme et la tyrannie insatiable du Sur-moi, il parle, avant tout, de lui et du drame intérieur qu’il vit.

 

Un temps, Freud semble s’enfermer dans un « apolitisme » aveugle. Il néglige les avertissements de Ferenczi concernant les Nazis. Il va jusqu'à offrir et dédicacer un livre à Mussolini. Il y écrit de sa main :

 

« - De la part d’un vieil homme qui salue dans le dirigeant génial, le héros de la culture. »

 

Ce faux pas est tellement grossier que l’on peut se demander s’il faut prendre la dédicace de Freud au premier degré ou bien si l’on doit y voir un trait d’humour juif décoché à un homme issu de la culture chrétienne. En tout état de cause ; la politique antisémite radicale d’Hitler va ouvrir les yeux du vieil homme et le conduire à quitter Vienne en 1938. Aux nazis qui lui demandent de signer un papier dans lequel il reconnaît ne pas avoir été maltraité, il précise :

 

 « Je peux cordialement recommander la Gestapo à tous ».

 

Il s’installe à Londres, au 39, Elsworthy Road. Mais c’est pour peu de temps car la mort gagne peu à peu du terrain. Reich dira que ce n’est sans doute pas par hasard que FREUD est atteint d’un cancer de la mâchoire dont les premiers symptômes sont apparus en 1920 avec les terribles contradictions que l’on connaît. La rage issue de la dualité entre l’homme et le scientifique, stagnant au niveau de la mâchoire, plus ou moins évacuée par le mâchonnement d’un cigare, a, sans doute, favorisé l’éclosion de la tumeur qui le fait horriblement souffrir à la fin de sa vie.

 

Il reçoit tous les jours des témoignages de soutien du monde entier. Mais il se prépare à la mort. Quand il sait le temps venu, il demande à son ami Schur, de lui faire une injection mortelle de morphine. Le 21 septembre 1938, Schur administre une première dose et une seconde le lendemain. Freud meurt le 23 septembre 1938. Son corps est incinéré et ses cendres déposées dans un vase grec offert par Marie Bonaparte , car Freud avait déploré, en le recevant de ne pouvoir l’emporter dans sa tombe.

 

A : LE COMPLEXE D’OEDIPE

 

Il a, par la suite, posé l’universalité de cet attachement à l’une des figures parentales et de l’aversion pour le parent du même sexe. Il s’est opposé en cela à MALINOWSKI car sur celui-ci, après son étude sur les indigènes des îles TOBRIAN, a postulé le relativisme culturel des complexes. Ainsi, le complexe d’Oedipe n’existerait seulement que dans des sociétés de type patriarcal avec prédominance de la famille fondée sur un couple stable.

 

Les Freudiens estiment que les différentes adaptations culturelles que l’on peut observer dans l’humanité confirment la réalité profonde de l’Oedipe, quel que soit l’aspect que prenne l’entité familiale.

 

Il est indiscutable que la structure  de la famille, dans le sens le plus polymorphe possible, reproduit et transmet un modèle symbolique. Cet ensemble symbolique, très adaptatif, répond au besoin du jeune humain de rendre mature, en fonction de son sexe, sa propre identité.

 

Au-delà de cette maturation, le complexe d’Oedipe transmet la loi absolue de la prohibition de l’inceste.

 

Cette loi fondatrice permet de faire la différence entre la « nature » et la « culture » et peut être présentée comme l’un des faits originels de l’hominisation. Sur l’Oedipe, René GIRARD s’est opposé à la conception Freudienne purement sexuelle. GIRARD pense que le complexe d’Oedipe n’est pas tant à base sexuelle qu’à base mimétique.

 

1 : le complexe d’Oedipe chez le garçon.

 

Le jeune garçon est d’abord dépendant de sa mère, puis, prenant conscience de la présence du père, il s’aperçoit que ce père est le réel objet de désir de la mère. Il va alors entrer en compétition avec lui, pour s’attribuer les avantages du phallus (être désiré, puissant, respecté). Avoir un phallus pour le jeune garçon fait de la mère un objet de possession sexuelle et lui permet de participer à la magie phallique. Dans l’impossibilité de posséder sa mère, il va sublimer son agressivité en direction de l’apprentissage et son désir vers le développement des sentiments afin d’être aimé. Il trouve dans cet investissement sentimental un retour d’amour de la part des adultes, ce qui va lui permettre d’acquérir une grande confiance en lui-même.

 

Au niveau profondément inconscient, le petit garçon jalouse cependant son père, ce qui ne  fait que créer la peur de la castration de la part de cet être vécu comme tout puissant.

Par ailleurs, il se sent de plus en plus coupable de cette rivalité.

 

Le rapport est, en effet, ambivalent. Le père est, à la fois, le rival absolu et le modèle à imiter. Il doit  être en même temps détruit et conservé, car l’imitation nécessite l’investissement du père qui possède un savoir, les clefs de la possession de la mère. Nous retrouvons ici ce que GIRARD relevait dans le rapport maître/élève.

 

Le père-maître enseigne à l’enfant-élève pourvu qu’il ne le dépasse jamais, confère l’attitude de DIEU dans la Genèse, qui chasse Adam et Eve dès qu’ils ont goûté au fruit de l’arbre de la connaissance, car ils risquent de devenir semblable à lui. Cela suppose de la part de l’enfant une position homosexuelle passive, afin qu’il accepte d’être formé, « fécondé » par le père-maître.

 

FREUD voit dans ce double investissement libidinal à la mère et au père l’une des causes de la bisexualité humaine.

 

Il faut noter que l’Oedipe et sa compétition sont purement fantasmatiques. L’enfant est sûr que ses efforts sont voués à l’échec, que sa mère désire son père et ne peut lui donner qu’un amour et des attentions de mère, sans connotation érotique.

 

L’enfant va donc puiser dans cette certitude d’échec la force et la motivation de s’individualiser. Il va ainsi dépasser son angoisse de castration, renoncer au désir de séduire sa mère et de rivaliser avec son père, apprendre à projeter son désir sur des objets extérieurs au triangle oedipien et mettre un terme aux tentatives de réduction du modèle paternel.

 

2 : Le complexe d’Oedipe chez la fille

 

L’Oedipe de la petite fille est différent car il est basé sur sa castration fantasmatique et « effective ». Elle pense qu’elle possédait un pénis et que sa mère le lui a subtilisé. Elle va donc très naturellement se tourner vers son père pour obtenir ce que sa mère lui a refusé. Elle va laisser l’attitude revendicatrice par rapport au pénis et devenir « réceptrice » dans le désir d’obtenir un enfant de son père. Elle va passer par les mêmes étapes que le petit garçon, mais inversées, à savoir la compétition, la haine et l’amour qu’elle voue à sa mère.

 

L’Oedipe est néanmoins réputé plus complexe pour la fille que pour le garçon car celle-ci doit effectuer un changement d’objet d’amour de la mère au père, ce qui est l’une des explications de la grande ambivalence des rapports mère/fille, davantage que les rapports père/fils.

 

Cependant, Miguel ROJO SIERRA, dans son ouvrage Introduction à la lecture de C.G. JUNG, est d’un avis différent :

 

« - L’évolution d’un homme, du petit garçon à l’adulte, doit effectuer une métamorphose radicale... L’homme a un problème plus compliqué que la femme à résoudre. En effet, si l’homme et la femme naissent tous deux de la femme, alors que la femme fera ultérieurement le changement du maternel féminin à l’homme sexuel, l’homme, quant à lui, doit effectuer un changement d’attitude, mais en utilisant les mêmes images : maternel-féminin, sexe-homme. »

 

 

3 : la chronologie de l ’oedipe.

 

FREUD fixe l’apparition et le déroulement de l’œdipe entre trois et cinq ans. Il a admis tardivement qu’il était ensuite refoulé durant toute la période de latence. Le choix de l’objet sexuel s’effectuait au moment de la puberté.

 

Chez le garçon, on constate un deuxième temps oedipien lors de la puberté, qui est une deuxième chance de résoudre la problématique. Chez la fille, le renoncement au conflit oedipien est plus graduel et moins total, car la motivation, en l’occurrence, la peur de perdre l’amour de la mère, est moins prégnante que la peur de la castration du petit garçon.

 

La résolution naturelle et saine de l’Oedipe va permettre à l’enfant de faire des « choix objectaux » appropriés. Le désir de posséder sexuellement le parent va être remplacé par les identifications (imitation du père, des idoles chanteurs, acteurs etc...). La dissolution de l’Oedipe produit une immense énergie qui va être réinvestie dans les processus d’acquisition du savoir puis dans d’autres objets sexuels adaptés.

 

4 : le complexe d’Oedipe est-il une pure invention ?

 

Le complexe d’œdipe est un point capital de l’édifice théorique psychanalytique, qui voit là un complexe fondateur pour chaque être humain.

 

Dès 1887, Freud raconte qu’il a éprouvé un sentiment amoureux pour sa mère et qu’il a ressenti de la jalousie pour son père. C’est à partir de ce constat très perturbant que Freud va édicter une loi fondamentale sur le processus de structuration du psychisme des individus. La bonne ou mauvaise résolution de cette Selon que la problématique oedipienne sera résolue ou non de façon satisfaisante l‘individu présentera, au cours de sa vie, un état de normalité ou la névrose.

 

Aujourd’hui des chercheurs secouent l’édifice psychanalytique et notamment, remettent en cause une généralisation de l’œdipe qu’ils jugent abusive. Freud aurait, sans discernement, projeté sur l’ensemble de l’humanité, un fait psychique propre à sa propre enfance. Nous pouvons déjà évoquer deux cause à cela.

 

·      Le constat que fait Freud est tellement culpabilisant par nature et, si l’on tient compte du milieu et des valeurs de l’époque, qu’il a pu « inconsciemment » trouver une échappatoire en généralisant ce désir d ‘inceste à l’ensemble de l‘humanité.

 

·      Nous connaissons la volonté Freudienne de « faire scientifique » afin d’assurer à la psychanalyse un statut solide et reconnu. Il avait donc, dans cette optique, un besoin urgent de trouver des « lois » afin de pouvoir créer des faits reproductibles et analysables en fonction d‘un code universel.

 

Deux psychologues allemands des universités de Hanovre et de Heidelberg ont démontrés, en fournissant des preuves quantifiées et objectives, que le complexe d’Oedipe est un raccourci facile qu’a emprunté Freud . L‘oedipe n‘est pas un fait psychique intangible et inévitable mais, si son existence est bien avérée, il n’apparaît que très exceptionnellement dans la maturation psychique des enfants.

 

130 enfants de 3 à 9 ans (61 garçons et 67 filles) ainsi que leurs parent ont été testé provenant de familles représentatives et témoignant du clivage traditionnel entre le père et la mère (en termes de profession et de formation). La méthode comprenait des entretiens projectifs - images, schémas, émotions, récits, - reliés à leurs parents. Grâce aux tests du visage (silhouette amicale, neutre, inamicale ou en colère), l’équipe scientifique a eu la surprise de constater qu’à l’âge phallique ou oedipien 81,5% des enfants, indépendamment de leur sexe, jugeaient leur mère gentille et 78,5% leur père gentil. Les questionnaires remplis par les parents confirmèrent le résultat.

 

L‘idéalisation du parent de sexe opposé ne fut jamais constatée.

 

82,5% des mères et 86,5% des pères n’avaient jamais reçus de propositions de mariage de leur rejeton (quand je serai grand (e) je me marierai avec toi) alors que les psychanalystes font grand cas de ces propositions incestueuses soi-disant très communes. Mais il y a pire, les universitaires ont pu constater que, dans la phase oedipienne, chaque enfant s’identifie fortement au parent de même sexe que lui ! ! !

 

Nous ne pouvons manquer de rapprocher cette étude, des observations effectuées sur le terrain par des ethnologues (comme celles de Malinowski sur les sociétés à filiation matrilinéaire) qui posent que l’homme est avant tout un animal historique façonné par les mythes, les valeurs, le système économique, les modes de transmission du patrimoine etc... propres à chaque culture. L‘oedipe, déjà mise à mal en occident, serait caduque dans les cultures différentes de la notre. Il ne serait qu ‘une « maladie ethnique très localisée ».

 

  II : LA THEORIE DE LA SEXUALITE INFANTILE

 

C’est l’aspect le plus connu de la psychanalyse et cela sera très controversé par la morale bourgeoise et puritaine bien que l’existence de pulsions sexuelles chez l’enfant n’était pas une idée nouvelle ni un mystère. Ces pulsions étaient combattues par la Société, par les religions et la médecine qui chacune dans leur domaine respectif promettait l’enfer, la surdité ou l’idiotie. Ce fut surtout leur aspect fondateur de la personnalité normale qui ne fut pas été accepté facilement.

 

La sexualité infantile s’articule autour de 4 points principaux :

 

·      La sexualité infantile prend des formes qui seraient qualifiées de perverses chez l’adulte: voyeurisme, sadisme, exhibitionnisme. Il s’agit d’une perversion polymorphe. La différence est que, chez l’enfant, il s’agit de formes évolutives permettant une maturation alors que l’adulte pervers est enfermé dans une pulsion de répétition figée pour obtenir sa jouissance

 

·      Il y a pour les deux sexes, un primat du phallus qui ne représente pas le sexe masculin, mais au-delà, symbolise la dynamique du désir et la peur de castration.

 

·      L’enfant pose ses propres théories sexuelles qui lui permettent de répondre, à sa façon, à des questions qui lui sont capitales. Ces théories relèvent du fantasme et ne se contentent pas des explications rationnelles

 

·      La sexualité de l’enfant pose la question de l’auto-érotisme, tant elle ne s’épanouit qu’en dehors du rapport avec l’autre, à l’inverse des adultes. Il ne faut cependant pas négliger la part de sexualité que l’enfant tourne vers l’extérieur, en trouvant des objets d’amour et de désir en dehors de lui.

 

A : LA CONCEPTION DU PHALLUS POUR FREUD

 

Il s’agit d’une notion centrale dans la psychanalyse qui affirme la prééminence de l’interprétation sexuelle dans la cure. Le terme phallus recouvre des réalités de la sexualité qui sont beaucoup plus vastes que la seule reproduction de l’espèce.

 

Le phallus ne renvoie pas au père et à la mère, mais bien au-delà, à l’énigme des relations entre hommes et femmes.

 

Il renvoie aussi très fréquemment au sacré à travers les notions de puissance, de connaissance et de force.

 

Dans la théorie Freudienne, le phallus affirme la nature masculine de la libido même chez les petites filles et les femmes.

 

Le phallus est le pourvoyeur de diversité, de dissymétrie qui permet le désir pour le complémentaire et la jouissance. Il nous jette dans un fantastique désir d’union et d’accomplissement (l’Eros, en opposition à Thanatos qui sépare et désunit).

 

Cette notion mérite d’être rapprochée de la notion Girardienne de désir mimétique et de symétrie. Le phallus est, dans cette optique, un pourvoyeur d’ordre, de dissymétrie, de sacré et de violence.

 

FREUD a très bien fait le lien entre la reproduction sexuée et la mort de l’individu

Il dit que :

« Le but de toute vie est la mort, et en remontant en arrière, le non-vivant était là avant le vivant. »

Au-delà du principe de plaisir 1920

Rédigé par lobsang sonam

Publié dans #Connaissances pour thérapeutes

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