Le couple

Publié le 26 Mars 2009

La vie de couple n'est pas un long fleuve tranquille. Aux périodes passionnelles succèdent parfois des crises graves. La tentation de conclure qu'on n'a pas fait le bon choix est grande, alors qu'en réalité c'est en bonne partie, notre biologie qui commande. Alors qu'à notre époque en Europe, la constitution du couple procède la plupart du temps d'un choix personnel des conjoints, on constate que les couples qui se font sont de plus en plus nombreux à se défaire. Actuellement en région parisienne, la durée de vie des couples est de sept ans en moyenne.

Une vie de couple épanouissante nécessite un climat serein où chacun s’exprime, et se montre disponible pour l’autre. Il faut aussi être d’accord sur l’essentiel, partager des valeurs, savoir se respecter et mener des projets communs. Le secret de cette harmonie, c’est la communication. Quand le couple souffre, c’est la communication qui se porte mal, mais c’est aussi par la communication que le couple trouve des solutions et les met en œuvre. Pour que le climat de la relation reste au beau fixe, il faut apprendre à lire le comportement de l’autre, et comprendre ce que les mots ne disent pas mais que tout le corps exprime.

Beaucoup de gens croient que l’autre doit répondre à leurs désirs sans qu’il soit nécessaire de lui expliquer ce qu’on attend de lui. Dans une vie de couple, c’est désastreux et les frustrations accumulées finissent en conflits alors que ce serait bien plus simple d’oser exprimer ce qu’on veut. Quand on se conduit non pas en fonction de l’autre, mais de l’idée qu’on se fait de ses attentes ou de ses désirs, c’est comme si on pensait à sa place et l’incompréhension s’installe vite. Ce n’est pas évident d’accepter l’autre, il (elle) a un passé, des habitudes, des références.

Les différences entre les gens se manifestent dans leur manière de communiquer. Accorder une attention sincère à l’autre, comprendre au lieu de juger, facilite la communication. Tous nos comportements participent à transmettre des messages, des intentions, des désirs… Le corps prend le relais pour exprimer ce que les mots ne disent pas.

En amour, il ne faut pas ménager ses efforts, et savoir donner beaucoup, sans "calcul de rentabilité". Préparer son plat favori, lui faire couler un bain ou lui masser le dos font partie de ces petites attentions dont toute personne normalement constituée raffole ! L'important est qu'il ou elle se rende compte de sa chance ! On ne peut pas empêcher le temps de passer. En revanche, on peut aménager sa vie différemment pour se consacrer davantage à l'autre. La solution : Créer des rituels amoureux, sources de plaisir pour relancer le processus du lien et sortir du quotidien.

Un temps de retrouvailles en amoureux peut se faire autour d'un repas avec ses mets préférés, un vêtement qu'il (elle) adore, un cadeau qui a du sens. Misez également sur les indices sensoriels (une ambiance sonore agréable, des bougies) pour recréer une image positive entre nos deux cerveaux. Amusez-vous lors d'une soirée intime à sortir des photos, et titillez sa mémoire, un outil séduction bien plus efficace que n'importe quelle guêpière (l'un n'exclut pas l'autre). Lancez la conversation qui donnera l'occasion de reparler de vos moments heureux : un voyage, un dîner particulier, un souvenir relié à un vêtement, des ébats dans un lieu précis...

En matière de sexe, si vous ne dites pas clairement à votre partenaire ce que vous aimez, ce que vous avez envie qu’il vous fasse et comment ou ce que vous n’appréciez pas, il ne le devinera pas tout seul. Demandez gentiment, clairement (en appelant un chat un chat pour lever toute ambiguïté), et il fera certainement le maximum pour vous satisfaire.

Chaque jour, il faut parvenir à se ménager un temps d'écoute, un vrai moment d'intimité pendant lequel on ne se parle ni du boulot, ni d'argent, ni d’éducation des enfants. Chacun ne se soucie que de l'autre, de son état d'esprit ou de ce qu'il a envie de raconter. Cette sollicitude mutuelle est valorisante car elle donne l'impression d'exister vraiment aux yeux de son compagnon. Instaurez le «quart d’heure» pour vous seuls, lors du dîner (à deux) ou une fois couchés…

Pour tous les sujets importants, la décision finale ne peut appartenir à un seul membre du couple, mais doit avoir été prise ensemble, après concertation et acceptation par les deux parties d’un compromis satisfaisant. Les membres du couple se trouvent ainsi sur un pied d’égalité, synonyme de dialogue, d’écoute, en un mot de respect mutuel.

Pas de couple qui dure sans sexualité épanouie… tous les couples qui se réconcilient sur l’oreiller vous le diront ! Et s’il n'existe pas, dans ce domaine, de normes à respecter (nombre de relations, durée de l'acte sexuel…), l’essentiel est que chacun y trouve son bonheur. Dans l'intimité, ne lésinez pas sur les préliminaires, variez les décors, les positions… Et, pour que la sexualité soit satisfaisante, il faut rester à l'écoute de son partenaire : lui poser des questions, lui chuchoter des mots doux, écouter ses sensations N’attendez pas que votre compagnon devine vos désirs : exprimez-les ! Cela vous évitera des ressentiments.

Quel est le projet du couple ?

Il est important pour chaque conjoint d'avoir une vision claire des attentes personnelles projetées sur son couple.

Quelles sont ces attentes ?

• Un état amoureux permanent ?
• Une sérénité permanente, l'absence de dissension ?
• Une vie sociale active, une réussite professionnelle, avec l'appui du conjoint ?
• Un lieu sécurisant pour les enfants ?
• Une harmonie familiale englobant les parents, les enfants, les petits enfants ?
• Une réussite financière ?
• Un partage de loisirs ?
• Une harmonie sexuelle ?
• Une guérison radicale de ses problèmes personnels ?

Tout bien pesé, l'on peut déjà se rendre compte que l'autre n'est pas entièrement responsable de nos échecs, ce qui en soit peut faire diminuer l'intensité du ressentiment et des reproches projetés sur le conjoint.

Biologie de l’amour

La durée de l'amour est fixée par un programme cérébral mis en place pour favoriser la survie de l'espèce. Le comportement amoureux serait destiné à créer un climat favorable, pour que les parents restent autour de l'enfant vulnérable, c'est-à-dire environ 3 ans. Durant cette phase, le cortex préfrontal réagit différemment, nous rendant aveugle aux défauts de l'un ou de l'autre, solidement amarré au miracle de la rencontre, en état d'émerveillement.

Une fois cette phase terminée, les récepteurs sont désensibilisés... et nos yeux grand ouverts. On peut alors pousser de grands cris en découvrant ce qui jusqu'ici nous avait échappé, comme si l'autre avait changé, alors que nous subissons juste un changement d'activité neuronale. Mais le désir et l'amour, ce ne sont pas que des réactions purement hormonales ou instinctives. C'est aussi une construction cérébrale complexe. Chacun des deux partenaires traverse la vie en évoluant, et donc en changeant et un jour, le partenaire ne renvoie plus les réponses qu'on attend... Et la crise menace.

Evolution du couple

Deux stades d'évolution affective ont été décrits dans le couple.

1. Le premier stade est celui de l'état amoureux.

Quand l'autre n'est pas là, on est en manque ; on ne peut plus rien apprécier de ce qui nous entoure. Grâce à l'autre les soucis sont rendus supportables ou même sont oubliés et l'on pense que l'autre aura toujours ce pouvoir : nous rendre heureux malgré tout ce qui pourra arriver. L'autre présente alors toutes les qualités pour être le support de cet amour idéal que l'on porte en soi. Si certains comportements de l'autre nous dérangent, on ne veut pas les voir, on les trouve sans importance ou on ne les remarque même pas. Ce premier stade est également appelé stade fusionnel.

Le coup de foudre, l'état de manque, le sentiment fusionnel sont des expressions d'un état transitoire qui permet d'amorcer l'attachement


2. Le deuxième stade est celui de l'attachement ou stade institutionnel.

Les conjoints décident que leur relation va s'inscrire dans la durée. Ils établissent un contrat conjugal plus ou moins explicite comportant habituellement les décisions de vivre sous le même toit, avoir une sexualité partagée, s'apporter une aide mutuelle affective et financière, avoir des enfants. C'est ce temps d'attachement, s'il s'inscrit dans la durée, qui va permettre de découvrir la différence de l'autre et d'aimer l'autre malgré sa différence ou mieux encore pour sa différence.

A ce stade, l'autre apporte toujours un certain bonheur par sa présence, mais le sentiment de manque du stade fusionnel est moins fréquent, ou même disparaît. Ce n'est que l'absence qui le fait réapparaître. La nostalgie de cet état fusionnel, qui a pu paraître merveilleux, entraîne parfois certaines personnes dans une telle frustration qu'elles pensent ne plus aimer leur conjoint. Il faut faire le deuil de cet état qui, par essence, n'est pas durable.

C'est à ce stade d'attachement, quand les difficultés quotidiennes surgissent, qu'il va devenir essentiel que chacun puisse exprimer à l'autre les attentes projetées sur le couple (voir les attentes du couple). Chacun ressent le besoin de reprendre contact avec des champs d'action qui lui sont propres. L'acceptation de domaines partagés et non partagés, le bon équilibre entre les deux, sont nécessaires à la bonne entente conjugale.

Vivre sous le même toit implique un partage des rôles (ménage, obligations administratives, éducation des enfants, etc.). Si aucun des deux conjoints n'apprécie un rôle, ce rôle va-t-il être partagé, ou laissé à celui qui cède ? Et si les deux conjoints adorent un même rôle, va-t-il être partagé ou entièrement confisqué par l'un ? Les enfants peuvent être une source de conflit. Quelles règles leur donner ? Quelles libertés, quelles contraintes ? Comment partager son temps entre son conjoint et ses enfants d'une part, et ses besoins d'être seul d'autre part ?

Pouvoir parler de ces attentes nécessite une bonne communication et le comportement, les modes de communication peuvent se révéler très différents: il va falloir s'adapter au mode de communication de l'autre. A ce stade d'attachement s'élabore le contentieux conjugal, qui s'alimente aux frustrations et déceptions du couple.

Ce contentieux va souvent s'exprimer inconsciemment dans le champ de la sexualité par une baisse du désir en particulier, des deux ou de l'un des conjoints.

Cette gestion de la mésentente conjugale peut bénéficier de l'aide d'un thérapeute

Rédigé par philippe

Publié dans #pour tout le monde

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