Médicaments et troubles de la libido

Publié le 26 Mars 2009

Certains effets secondaires, comme les troubles de la libido, peuvent provenir du suivi d’un traitement. Par discrétion ou par pudeur, certains patients vont même jusqu’à renoncer à leurs pilules sans avis médical, parfois au péril de leur vie.   

Les médicaments responsables de troubles sexuels sont nombreux mais rassurez-vous, comme tous les effets secondaires, ils ne sont pas systématiques. N’attribuez donc pas la moindre panne à votre traitement, d’autant que les maladies elles-mêmes peuvent entraîner des troubles de la libido ! D’après certaines études par exemple, les maladies cardiaques, l’hypertension, le diabète et la dépression peuvent être responsables de troubles de l’érection. Mais la femme n’est pas épargnée. Entre la dépression, les maladies hormonales et la ménopause, il existe de nombreuses situations néfastes à une sexualité épanouie.

Les épisodes dépressifs sont souvent accompagnés d’une diminution de la libido. Chez l’homme victime de dépression majeure, les troubles de l’érection sont présents dans 90 % des cas. Par ailleurs, il est aujourd’hui prouvé que la présence de troubles de l’érection favorise la survenue d’une dépression. Ces deux pathologies sont donc intimement liés, à tel point que la dysfonction érectile est aujourd’hui considérée faisant partie du cercle vicieux propre à la dépression.

De plus, certains antidépresseurs sont responsables de troubles sexuels variés (diminution de la libido, des troubles de l’éjaculation ou de l’érection, etc.). Les antidépresseurs concernés sont principalement les antidépresseurs tricycliques, les inhibiteurs de la sérotonine et des IMAO non spécifiques

La "simple" anxiété et les benzodiazépines, traitement très utilisé, sont aussi responsables de troubles de la libido ! Enfin, les neuroleptiques, médicaments utilisés en psychiatrie en cas de psychoses (schizophrénie, états maniaques, etc.) entraînent des troubles hormonaux ayant des répercussions sur la libido.

Certaines maladies cardiovasculaires vont entraîner des diminutions de la libido.

Les traitements de ces maladies sont aussi impliqués. La principale classe de médicaments concernée est celle des bêtabloquants. Ils sont utilisés le plus souvent pour traiter l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque ou l’angine de poitrine. Selon les molécules, ces effets sur la sexualité sont plus ou moins fréquents.

Au péril de leur vie, certains patients (principalement des hommes) vont même jusqu’à arrêter leur traitement pour retrouver une sexualité normale.

Le rôle des hormones sexuelles sur notre libido est très discuté. La prise d’estrogène ou d’autres hormones sexuelles peut être responsable d’une baisse de la libido ou d’impuissance.


Les mécanismes de ces effets secondaires sont relativement bien connus. Aussi bien chez l’homme que chez la femme, la fonction sexuelle est commandée par des hormones qui interagissent entre elles et s’autorégulent.


Les médicaments impliqués sont les pilules contraceptives et les autres œstrogènes.


Pour finir cette longue liste noire, voici d’autres classes médicamenteuses connues pour affecter la libido. Il s’agit des interférons, d’anticancéreux (les cytotoxiques), certains traitement du glaucome ou encore des médicaments utilisés pour traiter l’hypertrophie bénigne de la prostate notamment les alpha 1 bloquants.


Si vous pensez que votre traitement a une incidence sur votre libido, ne prenez jamais la liberté de l’arrêter ou de le modifier sans avis médical.

Dans la plupart des cas, il existe d’autres médicaments et une modification de votre prescription sera suffisante pour vous permettre de profiter à nouveau des plaisirs charnels.

Par ailleurs, pour la majorité des médicaments, ce type d’effet secondaire est rare c’est-à-dire retrouvé chez moins de 1 % des patients sous traitement.

 

Rédigé par philippe

Publié dans #pour tout le monde

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Commenter cet article

Dans le piège, respirer! 05/08/2010 19:35


Vraiment très interessants, vos articles. Merci beaucoup. Pour celui ci-dessus, je trouve les 1% dont vous parlez sur la fin contradictoires avec le reste. J'ai un fils de 20 ans qui a fait des
séjours en psychatrie pour bouffées délirantes et chaque fois les neuroleptiques lui enlevaient totalement sa libido, d'après lui.