L'éjaculation précoce

Publié le 23 Mars 2009

Un Homme sur trois souffre d’éjaculation précoce L'éjaculation prématurée n'affecte ni le désir ni l'érection, qui se manifestent souvent, au contraire, de façon excessive. Le problème est plutôt une très grande anxiété et une incapacité à se "retenir". Selon une récente enquête, l'éjaculation précoce (fréquente ou occasionnelle) touche 44 % des conjoints vivant depuis moins de deux ans en couple. Un chiffre qui chute à 26 % parmi les couples ayant entre cinq et dix ans d'ancienneté



un trouble répandu.


Dans les consultations de sexologie, l'éjaculation rapide est le motif de visites le plus répandu pour les hommes. Selon les auteurs d'études, il semble que plus de 50% des hommes en souffrent ; hélas ils ne semblent pas savoir que ce trouble se résout assez facilement et ne consultent pas. Il est important de dire, de prime abord, que l'éjaculation rapide n'est pas une maladie, mais plutôt un manque d'habileté dans la sexualité.


Diverses définitions existent, et au fil des années les références à une durée objective ont disparu. Les définitions vont de " éjaculation se produisant avant que l'homme ne l'ait souhaité " à " incapacité à contrôler le processus éjaculateur assez longtemps pour satisfaire la partenaire dans plus de 50% des cas ". On peut remarquer deux point importants :

l'accent mis sur la notion de volonté, de souhait du moment d 'éjaculer, associée à une compétence de contrôle ;

l'importance de l'objectif de satisfaire la partenaire.

Ainsi, l'objectif à atteindre est de réaliser la durée qu'on souhaite, adaptée à la durée requise par la partenaire pour être satisfaite (en l'absence de troubles féminins).


On peut aussi insister sur la caractère normal sur le plan neurologique de l'éjaculation rapide : à une situation sexuelle précise, en présence de partenaire, le patient réagit par un comportement sexuel archaïque de type réflexe. Il n'a pas acquis l'habileté qui lui permettrait de contrôler la durée de son rapport avant éjaculation, il souffre d'ignorance ; l'aspect primitif de sa réaction sexuelle n'est pas pathologique.


Les principes de la conquête d'une habileté à gérer le processus de l'éjaculation reposent sur deux dimensions :

·         la compréhension et le repérage du point de non retour de l'excitation dans le processus de l'éjaculation,

·         l'acquisition des modalités de gestion souple de son excitation.


Le processus de l'éjaculation est déclenché quand l'excitation franchi un seuil, nommé point de non retour, il convient donc de conscientiser ce seuil, puis, dans un deuxième temps, d'apprendre comment rester en deçà de ce seuil jusqu'au moment décidé.Il existe des prise en charge thérapeutiques indirectes, parfois utilisées en association avec les techniques comportementales, notamment la relaxation et l'hypnose qui auront un effet sur l'angoisse et permettront de la réduire afin de permettre au patient un vécu différent des tentatives.


L'usage des médicaments est parfois proposé. On trouve des prescriptions d'anxiolytiques pour réduire les angoisses (mais aussi réduisent les sensations les plus vives), certains antidépresseurs, des alpha-bloquants, des neuroleptiques, voire même des gels anesthésiques locaux. Toutefois, lorsque ces médicaments (en dehors de leur effet sur l'angoisse), ont une relative efficacité, c'est par une réduction des sensations éprouvées, cela conduit, au mieux, à une diminution de la vitesse de croissance de l'excitation, dont à un gain relatif (par exemple de 40% de temps, soit pour un patient qui tenait une minute une performance s'approchant de une minute trente), et au pire, à une perte de l'érection due à la chute des sensations.


Dans tous les cas, le médicament n'apporte pas la réponse appropriée et il n'est pas nécessaire. L'éjaculateur rapide n'est pas une personne qui éprouve trop de sensations, il n'est pas question de les réduire mais de lui permettre d'en profiter au mieux par l'acquisition d'une habileté.

Dans les cas d'échec d'une thérapie comportementale et cognitive, on va repérer s'il existe un conflit de couple sous-jacent ou une étiologie névrotique chez le patient. Une orientation vers une thérapie de couple centrée sur les conflits, ou sur une psychanalyse sera alors à envisager. En psychanalyse, l'éjaculation rapide primaire est plutôt en rapport avec l'angoisse de castration et l'éjaculation rapide secondaire en rapport avec l'agressivité. La place de la partenaire n'est pas toujours très claire. Sa participation à une thérapie comportementale en couple est souvent un indice majeur du succès futur de la thérapie, mais il arrive que les partenaires refusent ou que les patients eux-mêmes ne souhaitent pas impliquer leur partenaire dans leur problème sexuel, voulant reconquérir ainsi seul une efficacité et démontrer leur compétence : ce point de vue, typiquement masculin, est rarement compris ainsi par les partenaires.


Sur le plan de la prise en charge thérapeutique, il convient de bien identifier les différences entre l'éjaculation rapide et l'éjaculation prématurée. Dans le langage clinique, on appelle éjaculation rapide, l'éjaculation du "pur sang", avec une montée de l'excitation rapide, une grande excitabilité et une incompétence à gérer son excitation dans un mode mécanique ; l'éjaculation prématurée correspond à un patient ayant un faible désir coïtal, peu intrusif, avec une faible excitabilité, qui voit partir son éjaculation sans vraiment s'en apercevoir (éjaculation "baveuse").

Les 5 types d'amants précipités
 

Il y a cinq types d'amants précipités : le surexcité, l'émotif, le craintif, l'impuissant et le vindicatif.

 

Il faut  renoncer à la défi­nition de l'« éjaculation précoce », car elle se réfère à une norme, une « normalité », qui n'est pas tou­jours valide. Conserver comme seule mesure un nombre donné de mouvements ou une certaine durée revient à nier la grande diversité qui caractérise, pourtant, l'érotisme. Si une femme atteint l'orgasme en trente secondes et son par­tenaire en une minute, il n'y a aucun risque qu'ils viennent me consulter. En revanche, si elle y parvient en cinq ou dix minutes, l'homme sera vu comme un éjaculateur précoce et on lui conseillera de s'adresser à un sexologue.

 

En outre, il existe de très grandes variations entre les cultures. Ainsi, dans les pays méditerranéens et d'Afrique du Nord, l'éjaculation rapide est considé­rée comme une donnée physiologique, et on préfère mesurer la virilité au nombre de rapports plutôt qu'à leur durée.

 

Il vaut mieux, par conséquent, quand on parle de ce problème, employer l'expression « éjaculation prématurée », puisqu'elle se produit de manière invo­lontaire et qu'elle est prématurée par rapport aux at­tentes de l'homme et de sa partenaire. Ce désordre n'affecte ni le désir ni l'érection (qui se manifestent  souvent de façon excessive). Le problème est plutôt une très grande anxiété et une incapacité à se « rete­nir »: l’homme  éjacule parce qu'il est trop impliqué dans ce qui se passe et qu'il n'est pas suffisamment spectateur de son activité sexuelle. Il confond expansion et explosion.

 

L'éjaculation prématurée est un phénomène explosif, échappant au contrôle de l'individu, alors que, dans l'érotisme masculin « normal », on constate un processus d'expansion, l'excitation augmentant graduellement, avec un déplacement de la génitalité à la corporéité, jusqu'à la participation du monde imaginaire.

 

Parfois, l'éjaculation prématurée a une cause phy­siologique : un phimosis, un frein trop court ou une urétrite, qui produisent un effet irritant sur la zone urogénitale. Ces causes organiques (qu'on peut dia­gnostiquer facilement lors d'un examen chez l'an­drologue) sont cependant rares. En revanche, il est fréquent qu'un éjaculateur trop rapide ait souf­fert, enfant, d'énurésie nocturne : cette an­cienne incapacité à se retenir d'uriner pendant le sommeil confirme la confusion relative des fonctions urogénitales. Par la suite, c'est comme si cette incontinence passée persistait comme mode de vie ou, du moins, comme mode sexuel.

 

Que peut-on faire pour aider un éjaculateur prématuré ? Avant tout, comprendre à quelle catégorie il appartient, parce que le traitement dépend de son histoire, de son rapport aux femmes et à l'érotisme. Voici donc cinq types d'amants précipités. Si l'on peut, dans le cas des éjaculateurs surexcités ou émotifs, agir par une mé­dication et une brève thérapie, il faut dans les autres cas, plus graves, aller au fond du problème et faire resurgir d'anciens conflits encore non résolus.


Le surexcité.

C'est le type le plus fréquent: il concerne au moins 70 % des cas d'éjaculation prématurée. Hyperémotif, le surexcité a perdu le rythme intérieur du temps. Il mange vite, parle vite, marche vite, bégaie parfois, et il finit aussi par éja­culer trop vite. Toute sa vie est marquée par la souf­france que lui cause son impatience impulsive. Cependant, avaler ses mots et courir au lieu de mar­cher ne sont pas de véritables problèmes : le drame éclate dans la chambre à coucher, à cause de l'im­portante valeur relationnelle attachée à la sexualité.

 

C'est le cas de Sylvain. Ce jeune homme de 22 ans a été traîné jusqu'à mon cabinet par Cécile, à la suite de deux petits « incidents »: Le premier est survenu peu après leur rencontre dans une discothèque : Syl­vain est parvenu au plus haut degré de l'excitation alors qu'ils étaient encore en train de danser un slow. Une heure plus tard, dans la voiture, par émo­tion ou à cause de la fatigue, Sylvain a éjaculé tout de suite après la pénétration. Cécile a été déçue et même un peu blessée, et elle a posé comme condi­tion à une nouvelle tentative qu'ils viennent en­semble me consulter. Lors de l'entrevue, Sylvain est assis sur le bord de sa chaise, il transpire, parle vite ou répond par monosyllabes, et montre tous les signes d'une personnalité anxieuse. Je lui décris quelques exercices de relaxation très simples et lui demande s'il a compris. Comme il acquiesce, je l'invite à répéter. Sylvain n'y parvient pas : la pa­nique paralyse son esprit. Il m'explique que cela lui arrive souvent. A l'université, il se laisse toujours prendre par le temps et ne e met à travailler qu'au dernier moment, avec toute l'anxiété que cela implique. En général, ses nuits blanches à la veille des examens produisent des résultats désastreux. Au sport, même chose : Sylvain est bon joueur de tennis mais, quand il participe à des tournois, au moment crucial, il joue précipitamment et perd les points décisifs. Il souffre d'un grand désordre intérieur et se comporte dans la vie comme au lit. L'objectif prioritaire, c'est donc de l'aider à acquérir une meilleure maîtrise de soi, ce qui est plus important encore que l'impa­tience sexuelle qui a tant alarmé Cécile.

 

Comment soigner une personne surexcitée ? Opter pour une thérapie strictement sexuelle serait faire preuve de courte vue, puisqu'il est inconce­vable de modifier un symptôme sans changer le style de vie. Les techniques psychocorporelles de relaxation, telles qu'elles sont pratiquées dans les mi­lieux sportifs (le training autogène de Schultz, par exemple), sont plus indi­quées. Le yoga, aussi, est fficace, de même qu'en général toutes les activités qui permettent d'acquérir un meilleur contrôle de ses émotions.

 

C'est le premier pas. Quand on a calmé un peu l'anxiété générale, on peut prescrire un traitement médical, le même, d'ailleurs, qu'on prescrit aux enfants souffrant d'énurésie nocturne. Après une semaine, l'effet est déjà visible, dans 40 % des cas. On peut aussi conseiller l'utilisation de préservatifs lubrifiés à l'intérieur avec un produit retardateur, ou bien l'application de cette même pommade sur le gland quelques minutes avant le rapport (dans ce cas, il faut bien faire pénétrer, d'abord pour ne pas affecter la sensibilité de la partenaire, ensuite pour atteindre les terminaisons nerveuses sous-cutanées de l'homme).

 

 

L'émotif.


 
Au contraire du surexcité, l'émotif garde un solide contrôle sur sa vie, auquel seule échappe son activité sexuelle. L'impatience dont il souffre est donc sélective, limitée à un domaine bien défini. Lorsqu'il commence à faire l'amour, tout semble normal et les préliminaires se passent très bien. C'est juste au moment de la pénétration qu'il « perd la tête ». On constate souvent dans ces cas que l'éducation sexuelle reçue a été rudimentaire ou répressive, ce qui explique l'accumulation d'une attente démesurée à l'égard des femmes et de l'éros. La sexualité féminine reste une terre mystérieuse et excitante, et l'émotion provoquée par sa rencontre fait perdre tout contrôle phallique. Comment peut­-on agir sur cette forme de trouble ? Les « éclaircis­sements anatomiques » ou les thérapies sexuelles sont les plus efficaces, car ils permettent d'expli­quer et, éventuellement, d'exorciser le mystère de la sexualité féminine. On peut, en outre, travailler durant la thérapie sur le fantasme secret du vagin dangereux et excitant. La technique de « compres­sion » du pénis, exécutée en couple, est également utile en permettant le blocage manuel du réflexe éjaculatoire.

Laurent est un émotif typique au lit. Son dernier rapport avec Bénédicte a été une vraie catastrophe. Pendant les préliminaires et les caresses, il a maî­trisé son excitation, sans rien précipiter, mais lorsque sa compagne s'est échauffée à son tour, son odeur l'a rendu fou. Bénédicte l'a guidé à l'intérieur de son corps et lui, enivré par son parfum et sa cha­leur, n'a pas pu se retenir plus d'une minute. Heu­reusement, son amie, qui voit dans cette précipitation le signe d'une profonde et irrépressible attirance, lui pardonne toujours. Laurent est venu en consultation pour un problème de stress profession­nel. C'est seulement incidemment qu'il aborde la question du sexe. Il vient d'une famille extrême­ment attachée aux conventions, où il n'en était jamais question. Sa mère et ses sœurs sont d'une pu­deur chatouilleuse et, dans l'ensemble, se montrent très réservées. Laurent a donc grandi dans le mythe de la féminité secrète et mystérieuse. Il est très sen­sible aux odeurs, et c'est surtout cette sensibilité ol­factive très développée qui lui fait perdre la tête. Le parfum de sa compagne, mêlé aux odeurs humides et fortement érotiques qui se dégagent pendant l'acte amoureux, est le déclencheur d'une excitation qu'il ne parvient pas à contrôler.

 

Le craintif.


 
Plus encore que l'émotif, le craintif éprouve une intense excitation face à l'autre sexe, à laquelle se mêle, cependant, une certaine inquiétude. Il voit le corps de la femme, et notam­ment sa zone génitale, comme un espace mysté­rieux, peu accueillant et, même, dangereux. Mieux vaut donc ne pas s'y attarder trop longtemps, car derrière toute fée pourrait bien se cacher une sorcière. Autrement dit, les craintifs sont incapables de dominer leurs sentiments négatifs de peur et d'hostilité. Le problème est alors plus difficile à soi­gner. Les techniques de relaxation ou la meilleure connaissance de l'anatomie féminine ne suffisent pas : une psychothérapie est plus indiquée pour clarifier les rapports avec la femme-sorcière.

C'est, au fond, l'histoire de Sébastien, grand séducteur qui, comme beaucoup de don Juan, déteste, en réalité, les femmes. A 40 ans' ce brillant énarque, marié et père de trois enfants, a une femme de confiance qui tient le gouvernail de la maison et avec laquelle il a des rapports peu fréquents mais satisfaisants. Le problème, ce sont les autres femmes. Au début, il est aimable et séduisant ; en somme, il plaît. Mais à peine sa nouvelle conquête lui a-t-elle dit « oui » qu'il devient froid, nerveux, et veut se défiler. S'il doit faire l'amour, c'est toujours trop vite. C'est comme si Sébastien concentrait dans l'éjaculation frénétique sa rage d'une nouvelle déception. Il ne se rend pas compte qu'il fabrique lui-même le piège dans lequel il tombe. [l rêve d'une femme extraordinaire et projette cet idéal sur toutes les malheureuses qu'il rencontre. Au début, sa cour est habile et sincère, mais elle laisse vite place à un comporte­ment glacé, réservé et en­nuyé. Le rapport sexuel n'est pas un acte d'amour, c'est un acte précipité et rageur, animé de sentiments hostiles.

 

L'impuissant.


Il arrive aussi que l'éjacula­tion prématurée dissimule un problème d'impuis­sance. C'est le cas de Jacques, qui craint toujours de ne pas pouvoir se maintenir en érection et qui se « dépêche » de jouir avant que son excitation ne retombe. Cette forme de précipitation, presque volontaire, se manifeste surtout chez les hommes d'un certain âge, à la différence des autres cas évo­qués plus haut, plus fréquents chez les jeunes gens. Ce qu'il faut alors, c'est traiter l'impuissance du patient.

 

Le vindicatif.


Quand l'éjaculation précoce est voulue, elle prend le nom d'« éjaculation puni­tive ». Elle survient, évidemment, lors de conflits conjugaux chroniques. Charles, par exemple, aurait très bien pu se « retenir », mais il ne le faisait pas. Marié depuis une vingtaine d'années, son couple traversait une grave crise. Il avait trouvé le moyen perfide et efficace de punir son épouse : il l'amenait à l'excitation puis éjaculait aussitôt, avant qu'elle n'ait atteint l'orgasme. A son tour, sa femme s'est vengée, en demandant un divorce très onéreux et en mettant en doute la virilité de son mari. Dans les cas d'« éjaculation punitive », c'est la crise conjugale qui peut devenir l'objet de la thérapie - du moins, s'il est encore temps.

Rédigé par philippe

Publié dans #Connaissances pour thérapeutes

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Traitement ejaculation precoce 23/12/2015 12:40

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